Contre-vérité d’Affelnet#1 : Les notes ne rapportent pas entre 0 et 4800 points. Le socle non plus.

Les circulaires Affelnet nous indiquent que les points Affelnet (voir dans la documentation : Les plaquettes d’information distribuées aux parents pour l’affectation) et les circulaires (voir dans la documentation : Les circulaires Affelnet) vont en pratique pour un élève non boursier de 0 à 9600 points. En effet, pour un élève hors bonus, le nombre de points Affelnet est défini comme tel :

Points de note (0 à 4800) + Points de socle (0 à 4800).

Plaquette lyonnaise 2021 (affectation juillet 2021) distribuée aux parents pour leur expliquer l’affectation. On excusera l’erreur de calcul des 8600 points…

Plaquette parisienne 2021 (affectation juillet 2021) distribuée aux parents pour leur expliquer l’affectation.

Donc en pratique un élève devrait avoir entre 0 (0+0) et SURTOUT UN MAXIMUM DE 9600 POINTS (4800+4800) ?

En fait non. A cela deux raisons :

  • Le fait que les élèves avec 0 de moyenne générale ne passent pas en GT, donc déjà ceux qui passent ont à peu près tous la moyenne ;
  • Mais surtout à cause de la fonction d’harmonisation des notes.

En effet, cette fonction que nous avons étudiée en détail ([voir Note 1]) harmonise toutes les notes entre 2700 points (élève avec environ 9 ou 10 dans chaque matière) et 3300 points (élève avec plus de 15 dans chaque matière à chaque trimestre). En pratique cela fait donc une variation de 600 points seulement. Vous pouvez aisément vérifier cela avec notre feuille de calcul Calcul de Points, Ecarts types et Moyennes à Paris 2021-2020-2019-2018 dans les onglets « Calcul 20xx Paris »). Pour illustrer ce cas, l’onglet « Calcul 2021 Paris » démontre que cette année à Paris le maximum théorique possible est de 3295,851 points.

Pour les points liés au socle, ils devraient être compris entre :

  • Pour un élève minimal : 3300 points (5 fois « Maîtrise satisfaisante » et 3 fois « Maîtrise fragile ») ;
  • Pour un élève maximal, 3300 points (8 fois « Maîtrise très satisfaisante »)

 On a donc :

  • Notes : entre 2700 et 3300 points, soit un écart possible entre élèves de 600 points ;
  • Socle : entre 3300 et 4800 points, soit un écart possible entre élèves de 1500 points.

C’est cela la première réalité d’AFFELNET : les points liés à l’élève ne vont pas de 0 à 9600 points mais de 6000 à 8100 points.

Et c’est une seconde réalité : les notes sur lesquelles on demande aux parents de se concentrer toute l’année, les notes que l’on donne comme référence cardinale aux enfants, ne rapportent pas autant de points que le socle : les notes comptent pour 2,5 fois moins que le socle (notes : 28%, socle 72%) !


[Note 1] : Voir sur la fonction d’harmonisation et ses effets pervers : notre étude de détail sur la fonction d’harmonisation :


Danger d’Affelnet #1 : Le regroupement des notes en plage est mal fait (et n’est pas adapté aux collèges notant par semestres).

Regrouper les notes en plages de notes n’est pas sans effet. Schématiquement, le regroupement des moyennes trimestrielles en 4 plages seulement, avec une plage supérieure moins bien dotée en points, ne se contente pas de réduire l’avantage des bons élèves, mais fausse les calculs des moyennes de tous. Le passage à deux semestres (ou trimestres « Covid ») crée des ex-aequo ; un système à trois trimestres permet d’avoir beaucoup moins d’ex-aequos, mais c’est juste par effet de bord… Il faut revoir tout le fonctionnement des plages (en testant les solutions avant).

Il y a un autre effet de cette diminution du nombre de trimestres : l’augmentation des non-affectés au 1er tour.

Une bonne solution serait d’avoir huit plages, et de rejeter à la fin la minoration des notes excellentes si le ministère veut perdurer dans cette voie qui nous semble injuste. En tout cas le système actuel génère des injustices et des ex-aequo, surtout dans les collèges ayant 2 semestres au lieu de 3 trimestres.

Lire la suite

Danger d’Affelnet #2 : La fonction d’harmonisation harmonise des plages de notes, ce qui pénalise les moins bons élèves.

La fonction d’harmonisation d’Affelnet n’harmonise pas des notes mais des plages de notes, qui ne donnent pas autant de points les unes que les autres. Vu que la plage supérieure est celle qui rapporte le moins de points, les plus forts se retrouvent proches des moyens. Cela a pour effet d’éloigner encore plus les élèves les plus faibles des seuils d’admission et d’en faire des non affectés en puissance.

Démonstration :

Remémorez-vous la page Comment marche la fonction d’harmonisation ?. Ce sont les « pré-points » qui sont passés champ par champ dans la fonction d’harmonisation :

Où :

  • Points = Points Affelnet pour l’année pour un champ
  • PPACP = pré-points pour l’année pour ce champ
  • MoyPPCP = moyenne des pré-points pour ce champ de tout Paris
  • EcPPCP = écart type des pré-points pour ce champ de tout Paris

C’est assez simple à vérifier, il suffit de prendre une fiche barème : l’analyse permet de constater que l’on harmonise les plages de notes.

Lire la suite

Non-dit d’Affelnet#1 : Le nombre de points de Note Affelnet dans une matière ne représente pas du tout l’effort de l’élève

Le nombre de points de Note Affelnet dans une matière ne représente pas du tout l’effort de l’élève : une Note Affelnet non-harmonisée de 13 peut être donnée à un élève ayant 10 de moyenne alors qu’un élève ayant 11 de moyenne pourra avoir avoir une Note Affelnet non-harmonisée de 9,5.

Cela dépend de s’il est stable sur l’année ou s’il progresse.

Le découpage de plages de notes ne garantit pas une traduction juste des résultats. Un élève ayant une moyenne supérieure peut avoir moins de points. C’est une erreur majeure à corriger.

Une bonne solution serait là encore d’avoir huit plages, et de rejeter à la fin la minoration des notes excellentes si le ministère veut perdurer dans cette voie qui nous semble injuste. Cela ne changerait pas le principe de l’erreur, mais en atténuerait les effets.

Lire la suite

… et corriger les calculs incongrus.

Nous avons montré qu’il faut revoir le modèle algorithmique.

Malheureusement il existe un autre problème, fondamental : l’algorithme ne donne pas les résultats qu’il devrait.

D’abord, de nombreuses contre-vérités perdurent? On laisse les parents penser que les notes sont importantes : c’est faux : elles comptent 3 fois moins que le socle de compétence. On laisse les parents croire que bonus sont justes, mais ils sont souvent attribués selon des stratégies de réduction des coûts de fonctionnement.

Mais surtout on cache un problème majeur, cardinal : « Les calculs sont pas bons, Kevin !« 

Nous avons déjà démontré ces aberrations en détail. Il est absolument nécessaire de les corriger toutes.

Lire la suite