Que représente le seuil des lycées dans Affelnet ?

Le seuil d’entrée par Affelnet est la traduction la plus précise de l’attractivité d’un lycée.

C’est un élément fondamental dans l’affectation. Car, si les parents souhaiteront toujours un établissement « bien adapté à leur enfant », ce critère d’adaptation peut recouvrir selon les familles des tas de notions différentes. Toutefois, une majorité de familles définit de la même manière les « bons lycées ». Les seuils garderont donc encore longtemps leur valeur probante.

Il est nécessaire d’équilibrer les choix de lycées donnés aux parents, et que ce choix soit fait en corrélation avec les seuils. Que l’on soit en mode « Districts » ou en mode Secteur », il faut que le choix donné aux parents intègre des lycées très attractifs, moyennement attractifs et moins attractifs. Sans piège, c’est à dire en ne donnant pas des lycées non atteignables (à titre d’exemple vous pouvez parcourir Pourquoi la carte des Secteurs Affelnet Paris 2020-2021 était un leurre).

Attention : les seuils constatés ne présagent pas de la qualité de l’enseignement dispensé. Il faudrait alors parler du nombre d’élèves par classes, d’heures dédoublées, de salles de labo, etc. Par contre, comme nous l’avons établi, les seuils sont le meilleur indicateur de l’attractivité des lycées.

Démonstration :

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Qu’est-ce qui rend un lycée attractif ?

Voici une vraie question. Tous reconnaissent les incroyables compétences des professeurs, leurs capacité d’adaptation, notamment en éducation prioritaire. Malheureusement il existe chez l’humain une tendance (hélas bien souvent stérile) à comparer. L’idéal serait de sortir de ces distinctions.

Dans le cadre des lycées, il y a pour les parents des « bons » et des « mauvais » lycées. De leur côté, les rectorats parlaient « de lycées de niveaux », signifiant des lycées de « haut » et lycées de « bas » niveau.

Maintenant, les rectorats se mettent à parler de « lycées attractifs ». Le lycée attractif devient le lycée convoité, que tous désirent. Parler de lycées attractif est un artifice sémantique. S’ils sont attractifs, c’est qu’ils attirent des élèves, donc que le niveau du lycée viendrait de la demandes des élèves.

Ce glissement sémantique permet d’éviter de parler des éléments qui constituent l’attractivité intrinsèque d’un lycée :

  • proximité du domicile ou d’un pôle urbain réputé ;
  • sécurité des abord ;
  • multimodalité des transports ;
  • équipements des salles, nombre d’élèves moyen par classe ;
  • réputation de l’établissement auprès d’autres enfants ;
  • ouverture vers les études recherchées, etc. ;
  • et aussi le « niveau » du lycée, son taux de mentions au bac, etc.

Alors qu’est-ce qui rend attractif un lycée au fond ? Réponse : l’ensemble des éléments qui fondent le désir des collégiens d’y rentrer. Et très secondairement la qualité de la pierre de taille du bâtiment principal.

La réforme Affelnet Paris 2020-2021, que l’on dit modèle pour les futures déclinaisons d’Affelnet, a essayé de mettre en place de la mixité sociale. Elle l’a fait par des moyens détournés et sans expliciter franchement sa stratégie aux parents (voir Debunkage rapide de la réforme Affelnet Paris 2020-2021). Mais elle a en même temps échoué à mettre en place de la mixité scolaire : les lycées de niveau ont encore de beaux jours à Paris devant eux, même si marginalement leur liste change un peu.

Car ce que l’on constatera, c’est que les seuls lycées dont l’attractivité montera seront les lycées où les moyens auront été mis sur la table, en ouvrant des classes de 1ère et en limitant très fortement les effectifs par classe. Bien évidemment nous ne pouvons que rappeler l’utilité qu’aurait la mise en place de la règle des trois-tiers (lire Il faut mettre en place la règle des trois-tiers qui atteint l’objectif de mixité sociale et scolaire) et aussi Tout sur… Ce qu’il FAUT faire pour transformer Affelnet.

Debunkage rapide de la réforme Affelnet Paris 2020-2021

Dans cet article nous démontons les mécanismes de la réforme Affelnet Paris 2020-2021 qui, selon ce que nous avons pu savoir, a été un terrain d’expérimentation de portée nationale.

Nous démontrons comment cette réforme, présentée comme sociale, est en fait une réforme purement économique, ayant pour but de regrouper les élèves par pôles de lycées visant à terme la normalisation des parcours, la diminution des groupes de spécialités, et ainsi la réduction du nombre d’enseignants.

Nous démontrons la construction stratégique qui a consisté à disséminer les meilleurs élèves de Paris Centre , du 5ème et du 6ème, en leur bloquant l’accès à leurs lycées traditionnels (ce fait a d’ailleurs été indiqué par la DASEN Madame Claire Mazeron dans l’article 2021/02/24 – France3 Paris – Affelnet : l’inquiétude des parents des futurs lycéens face à un projet de nouvelle carte scolaire).
Cela a été fait en mettant en place deux stratégies :

  • Le bonus IPS dont la carte recouvre quasi exactement la carte des mentions Très Bien au DNB des collèges, permettant donc de distinguer les collèges ayant beaucoup de « futures têtes de classe » tout en se cachant derrière un argument social ;
  • Une carte de choix de 5 lycées de secteur 1 basée sur le nombre de collèges ayant tel ou tel lycée : plus de collèges à bonus IPS 600 ou 1200 ont ce lycée, moins il est accessible aux collèges à IPS 0, alors qu’ils figurent dans la liste des 5. Ainsi, Charlemagne (proposé 21fois), Sophie Germain et Turgot (proposés 19 fois) Hélène Boucher (proposé 18 fois) deviennent ainsi quasiment inaccessibles sans bonus IPS. D’où l’hécatombe pour ces élèves.

Le principal versant économique réside dans la dispersion des élèves des meilleurs collèges dans les lycées peu attractifs. Ce qui a été présenté comme la conséquence inattendue d’une réforme basée sur un facteur social – l’introduction du bonus IPS – est selon nous un plan déterminé. Il suffisait de constater – au moins à Paris – la concordance de la carte des mentions TB au DNB avec celle baptisée « carte des IPS ». Cette dispersion, en créant des « têtes de classe » censées tirer les classes vers le haut, permettra de réduire une fois de plus les parts des dotations affectées aux dédoublements de classes, au heures complémentaires, etc.

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Etudions un particularisme géographique parisien

AFFELNET Paris est fondamentalement différent de tous les autres AFFELNET. Une des cause simple : à Paris un lycée « rayonne » sur 1,5km², alors que la moyenne française hors Guyane (qui fausse un peu tous les résultats) est de 1 lycée pour un territoire de 307 km².

La densité de lycées à Paris change totalement la donne par rapport aux autres académies. Couplée au problème des lycées de niveau, on se retrouve avec des lycées dont l’attractivité suffit à gripper le système.

C’est ce particularisme qui donne tant de force au problème des lycées de niveau : l’attractivité de certains lycées fait que la compétition pour y entrer est forte, ayant pour résultat que seuls les élèves ayant le plus de points Affelnet y entreront. Les autres lycées « s’étageront » ensuite en dessous.

Une manière simple d’y arriver ? Mettre en place une vraie mixité sociale via la règle des trois tiers (voir Il faut mettre en place la règle des trois-tiers qui atteint l’objectif de mixité sociale et scolaire).

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Il faut mettre en place la règle des trois-tiers qui atteint l’objectif de mixité sociale et scolaire

Qu’est-ce que la règle des trois-tiers ?

La règle des trois tiers est une idée simple, et nous allons le montrer efficace.

Nous allons définir un indicateur, composé du barème des élèves (notes + socle de compétences), auquel on ajoute les bonus sociaux et les bonus médicaux [voir Note 1], et donc hors autres bonus comme les bonus liés à la formation ou au contexte géographique. Nous le nommerons « Indicateur de niveau rétabli ».

Cet Indicateur de niveau rétabli est ainsi un indicateur du niveau scolaire de l’élève, qui bénéficie de ses bonus intrinsèques, ceux qui corrigent ses handicaps.

La règle des trois-tiers se alors définit simplement : le principe est de réserver dans chaque lycée les places disponibles en séparant les élèves en trois catégories selon l' »Indicateur de niveau rétabli » :

  • 1/3 des places pour les élèves ayant les plus hauts indicateurs (Groupe 1),
  • 1/3 des places pour les élèves ayant les plus bas indicateurs (Groupe 3),
  • 1/3 des places pour les autres élèves (Groupe 2) n’étant ni du Groupe 1 ni du Groupe 3.,
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Mettre en place un simulateur d’affectation pour les parents

Un simulateur d’Affelnet ne sert pas à dire au parents que tel lycée est mieux que tel autre. Au contraire, il est là pour indiquer aux parents que si de toutes façons le simulateur indique clairement que leur enfant n’ira pas dans tel ou tel lycée [voir Note 1], alors qu’ils ne le demandent pas. Parce que s’ils s’obstinent à le demander :

  • Alors ils perdront des vœux ;
  • Surtout ils décevront leur enfant, qui aura bâti un projet sur un établissement qu’il n’aura pas ;
  • Enfin leur enfant passera probablement à côté d’autres établissements bien pour lui.
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