Il faut revoir le modèle algorithmique…

Un grand nombre des spécialistes de l’algorithme vous diront qu’il faut faire migrer Affelnet – basé sur l’algorithme de Gale et Shapley de 1962 – d’un modèle d’acceptation différée école-proposant vers un modèle d’acceptation différée élève-proposant [voir Note 1]. En effet, il existe toujours plusieurs solutions d’associations élèves – lycée (on appelle cela des mariages stables).

Or l’algorithme de Gale et Shapley ne donne pas forcément le meilleur ensemble d’associations. Certes il garantit d’en donner une pour chacun des deux modes, mais le modèle élève-proposant donnera de meilleurs résultats pour les élèves. Il aurait été donc juste d’inverser le sens de traitement, et de commencer par analyser les choix des élèves. Le théorème de McVitie-Wilson (1970) montre que les non affectés seront les mêmes dans les deux modes.

A noter que d’autres algorithmes existent, comme justement celui de McVitie-Wilson, mais aussi de nombreux autres algorithmes fournissent des résultats soit plus rapides, soit plus stables (c’est à dire résistants à des combinaisons ou coalitions) [voir Note 2].

Enfin, pour problématiser encore, le think tank Terra Nova a aussi consacré une étude à Affelnet [voir Note 3], qui même si elle a vieilli en 3 ans pose les bases du problème de manière sociologique.

Eléments de discussion :

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2018/06/06 – Terra Nova – Faut-il sauver les algorithmes d’affectation ? Affelnet, mouvement des enseignants et Parcoursup

Cet article est signé Terra Nova, il n’est ponc pas parfaitement classé dans notre rubrique Presse, mais il contribue au débat d’idées, même si cet articles se base sur des données qui pas mal bougé depuis.

Depuis plusieurs années, l’utilisation des algorithmes comme outils d’aide à la décision tend à se généraliser dans les administrations publiques. Ceci est particulièrement vrai au sein de l’Education nationale où les décisions ayant trait à la gestion des ressources humaines ou à l’affectation des élèves aux établissements scolaires mobilisent désormais très largement l’algorithmique.

Ces algorithmes d’affectation se retrouvent aujourd’hui au cœur du débat public.

Parfois accusés d’être à l’origine de décisions « inhumaines » ou d’être déconnectés de volonté politique, ils sont l’objet de critiques particulièrement virulentes. Dans cette note, nous nous interrogeons sur l’origine des nombreux dysfonctionnements observés ces dernières années et sur le rôle réel ou supposé joué par les algorithmes dans ces dysfonctionnements. Faut-il sauver les algorithmes d’affectation et, si oui, comment ?

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