Non-dit d’Affelnet#3 : Dans Affelnet, on a 2 fois plus de points en étant bon en EPS qu’en Maths.

Démonstration :

Du fait de ses paramètres « moyenne » et « écart type », la fonction d’harmonisation induit un traitement particulier pour chaque champ disciplinaire.

A cause de cela, Affelnet favorise l’EPS et les Arts au détriment du Français et surtout des Maths.

Souvenez-vous de la formule de la fonction d’harmonisation :

Comme on divise par EcPPCP, c’est-à-dire l’écart type des pré-points pour ce champ disciplinaire dans tout Paris, le résultat dépend de l’écart-type. Intéressons-nous aux écarts-type (valeurs 2019-2020) :

MatièreEcart type
ARTS2,12194087
EPS2,10334432
FRAN3,33518621
HG3,20821303
LV3,10302027
MATHS3,95465331
SCIE2,76653871

N’importe quel mathématicien vous le confirmera : diviser par l’écart-type, comme c’est fait ici, cela a de GROS effet de bord : le premier, c’est que les matières où l’écart type est plus petit rapportent plus de points que celles où l’écart-type est grand (nous verrons le second effet de bord un peu plus tard) … Et donc on regardera avec intérêt le graphe suivant qui donne les points supplémentaires ajoutés à la note Affelnet lorsque la moyenne annuelle d’un champ disciplinaire passe de 9,9 à 10,1

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Debunkage rapide de la réforme Affelnet Paris 2020-2021

Dans cet article nous démontons les mécanismes de la réforme Affelnet Paris 2020-2021 qui, selon ce que nous avons pu savoir, a été un terrain d’expérimentation de portée nationale.

Nous démontrons comment cette réforme, présentée comme sociale, est en fait une réforme purement économique, ayant pour but de regrouper les élèves par pôles de lycées visant à terme la normalisation des parcours, la diminution des groupes de spécialités, et ainsi la réduction du nombre d’enseignants.

Nous démontrons la construction stratégique qui a consisté à disséminer les meilleurs élèves de Paris Centre , du 5ème et du 6ème, en leur bloquant l’accès à leurs lycées traditionnels (ce fait a d’ailleurs été indiqué par la DASEN Madame Claire Mazeron dans l’article 2021/02/24 – France3 Paris – Affelnet : l’inquiétude des parents des futurs lycéens face à un projet de nouvelle carte scolaire).
Cela a été fait en mettant en place deux stratégies :

  • Le bonus IPS dont la carte recouvre quasi exactement la carte des mentions Très Bien au DNB des collèges, permettant donc de distinguer les collèges ayant beaucoup de « futures têtes de classe » tout en se cachant derrière un argument social ;
  • Une carte de choix de 5 lycées de secteur 1 basée sur le nombre de collèges ayant tel ou tel lycée : plus de collèges à bonus IPS 600 ou 1200 ont ce lycée, moins il est accessible aux collèges à IPS 0, alors qu’ils figurent dans la liste des 5. Ainsi, Charlemagne (proposé 21fois), Sophie Germain et Turgot (proposés 19 fois) Hélène Boucher (proposé 18 fois) deviennent ainsi quasiment inaccessibles sans bonus IPS. D’où l’hécatombe pour ces élèves.

Le principal versant économique réside dans la dispersion des élèves des meilleurs collèges dans les lycées peu attractifs. Ce qui a été présenté comme la conséquence inattendue d’une réforme basée sur un facteur social – l’introduction du bonus IPS – est selon nous un plan déterminé. Il suffisait de constater – au moins à Paris – la concordance de la carte des mentions TB au DNB avec celle baptisée « carte des IPS ». Cette dispersion, en créant des « têtes de classe » censées tirer les classes vers le haut, permettra de réduire une fois de plus les parts des dotations affectées aux dédoublements de classes, au heures complémentaires, etc.

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