Affelnet : Principe général de fonctionnement

Affelnet 2nde est l’outil NATIONAL permettant l’affectation des élèves en classe de 2nde dans des lycées sur la base d’un système de points. Ces points sont issus de bonus et de points représentant le travail de l’élève. Ce système est décliné de manière différenciée dans chaque académie, qui peut jouer sur de nombreux paramètres, seuils et surtout bonus.

En 2020-2021 a été introduite dans Paris une sectorisation à la carte (lycées « de Secteur ») qui devrait servir de modèle et être étendue à d’autres académies. On constate un mouvement encore lent vers l’homogénéisation des différentes procédures.

Affelnet intervient après l’orientation, qui est le processus qui indique si vous serez affecté en voie professionnelle ou en voie GT, ou en 1ère année de CAP. La première étape de l’orientation est le conseil de classe du 2nd trimestre, où l’on vous informe de la décision provisoire, qui sera définitive pour plus de 90% des élèves (bien souvent donc à l’issue du conseil de classe du 2nd trimestre vous savez dans quel voie l’élève sera orienté. En cas de souci lisez notre article L’orientation : en cas de désaccord).

C’est un système qui crée de la déception en mal affectant 25% à 30% des élèves. Il y a même des élèves qui n’ont pas d’affectation (lire Les non-affectés algorithmiques : une multitude de cas et Les non-affectés structurels : une transgression de toutes les règles administratives, et une négation du simple respect dû aux élèves).

Pour les élèves orientés en voie Pro ou GT, Affelnet calcule pour chaque élève un nombre de points :

  • en fonction de ses notes et de points acquis via le socle de compétences sur l’année de 3ème ;
  • auquel on ajoute divers bonus, qui peuvent être objectifs et dépendre de son parcours, de sa santé, de son statut de boursier, mais aussi parfois totalement non circonstanciés comme son département, et même à Paris la richesse du quartier où est situé son collège (nouveauté 2020-2021).

En pratique on constate que les bonus géographiques sont beaucoup plus importants que les points liés aux notes des élèves. Mais ce n’est pas fondamental [voir Note 1]. Ce qui est fondamental, c’est la proportion d’élèves qui ont tel ou tel bonus.

Ces calculs sont décrits précisément dans l’article Le processus complet d’affectation – les calculs, qui permet aussi de découvrir les très nombreuses erreurs et incohérences de l’algorithme.

Ensuite, en respectant le calendrier, les élèves choisissent des « vœux » de lycée. Ces vœux sont ordonnés, et en général le « préféré » est en 1er (sauf en cas de demande d’une formation à Recrutement Particulier, lire Les formations à Recrutement particulier – Hors PAM). De notre point de vue, ce terme « vœux » est un abus de langage mal venu : il n’y a aucun « vœu » (même étymologie que le verbe « vouloir ») quand on est contraint par un système à choisir un lycée où l’on ne désire pas aller. Notez bien que si la décision d’orientation en seconde générale et technologique est incertaine, il est préférable d’envisager également des vœux pour une formation professionnelle. Mais une phase du calendrier permet d’ajuster les voeux post conseil de classe définitif du 3ème trimestre (il est même possible de faire appel).

En étant basé uniquement sur des points pour faire des choix, Affelnet peut semble égalitaire – ou au moins méritocrate. Mais est en fait c’est un système intrinsèquement injuste, puisque cela revient à dire que les élèves scolairement défavorisés (qui ont donc moins de points) ont un panel de choix réel bien inférieur aux autres (même si la version parisienne 2020-2021 atténue un peu cet effet).

On pourrait être tenté d’argumenter que les bonus sont là pour rouvrir ce choix et remonter les plus faibles. Mais ils sont mal étudiés (sauf pour la voie Pro, où un effort a été fait). D’abord, en analysant les différentes circulaires, on se rend compte que la carte des bonus est complètement incohérente en France (voir L’invraisemblable nombre de bonus Affelnet en France, tellement inégalitaire).

Si on les analyse un peu plus, on s’aperçoit que les bonus loupent complètement ce but simple, remonter les plus faibles. Leur assiette est bien souvent trop élargie (à Paris, les 3 bonus IPS de 0, 600 ou 1200 points touchent chacun 1/3 des élèves), et surtout leur valeur relative peut être de 15 fois celle des notes (lire Il faut fixer pour toutes les académies une valeur relative maximale des bonus par rapport aux notes).

Et donc, du fait de cette assiette bien trop large des bonus, les élèves scolairement défavorisés – et donc bien souvent aussi socialement défavorisés – ont toujours bien moins de choix que les autres ! (lire pour plus de détail Affelnet fragilise les plus faibles, et notre Avant-propos sur la dimension sociale et politique d’Affelnet, et les problèmes qu’il entraine)

Nationalement, Affelnet est souvent une formalité pour les élèves : dans de nombreux cas, il n’y a qu’un seul lycée possible en fonction du lieu de résidence. L’affectation est alors assez transcendante. En revanche, dans tous les autres cas (grandes villes par exemple), Affelnet a pour effet de faire apparaitre une nouvelle notion, le seuil d’entrée en lycée : c’est ne nombre de points qu’avait le dernier élève affecté dans le lycée (voir Que représente le seuil des lycées dans Affelnet ?).

Schématiquement, la mécanique d’Affelnet est simple : les points des élèves des élèves qui ont demandé un même établissement sont comparés, et ceux qui ont le plus de points y sont affectés. Comme un élève peut faire jusqu’à 10 ou 15 vœux (on verra le problème posé par le nombre de vœux dans Une rupture d’égalité dans le nombre de vœux possibles ?), s’il n’est pas affecté sur son vœu n°1, il peut l’être sur le n°2, puis sur le n°3, etc. En même temps, tous les élèves qui sont déjà affectés voient leurs autres vœux retirés des listes. Le principe de l’algorithme est un peu plus complexe, mais c’est globalement cela. Par contre, l’algorithme souffre de beaucoup de défauts. C’est ce que nous démontrons dans notre article Il faut revoir le modèle algorithmique.

Si à l’issue de l’examen de ses « vœux » l’élève n’est toujours pas affecté, il devient « non affecté » et passe au tour n°2 (ou Tour Suivant n°1 pour certaines académies). En pratique là encore c’est un peu plus complexe, notre article Les tours d’Affelnet vous décrit les différents tours d’Affelnet.

Toutes cas histoires de « vœux » et de « tours » nous amènent à parler longuement du calendrier (décrit dans Le calendrier d’Affelnet).

Enfin, nous vous décrivons le tout le processus pour faire les choix (les « vœux ») dans l’article Le processus complet d’affectation – faire ses choix.


[Note 1] : Si absolument tous les élèves on 1 000 000 de points de bonus, alors ce bonus ne différencie plus deux élèves, puisqu’Affelnet est une histoire de tri. Par contre, malheur à l’élève qui ne les as pas. En pratique, on démontre que dès qu’il dépasse quelques centaines de points, un bonus a un véritable impact sur l’ordre dans lequel les élèves sont affectés.

Affelnet : Le processus complet d’affectation – faire ses choix

Affelnet en quelques mots :

  • sa finalité est avant tout de gérer le stock d’élèves (comme on gère les stocks dans l’entrepôt d’un GAFAM, nous le démontrerons dans Quelle est la VRAIE finalité d’Affelnet ? Gérer des stocks d’élèves…) (alors que ce devrait être un logiciel respectant l’humain, comme nous le monterons- dans Modifier le système, pour redonner sa place à l’humain) ;
  • sa modalité est de réduire les coûts, car les Dotations Horaires Globales (DHG) sont en baisse systématique, en regroupant les élèves dans des pôles de lycées, en utilisant au mieux le leurre que sont les EIE (lire Que sont les EIE (enseignement inter-établissement) ?) ;
  • finalement, Affelnet n’est rien d’autre qu’une opération de classement (tri) où prenant en compte avant tout des bonus (les géographiques comptent le plus en général) auxquels s’ajoutent des points représentant le travail de l’élève pour donner une impression de méritocratie (mais Affelnet calcule mal, ou plutôt pas comme c’est indiqué, nous le démontrons [voir Note 1] ).

Toute le processus est encadré par un calendrier assez complexe (voir Le calendrier Affelnet réel type).

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Affelnet : Le processus complet d’affectation – les calculs

Affelnet est schématiquement un système de tri basé sur des points. Nous allons donc vous montrer ici en détail comment tout cela se passe [voir Note 1]. Pour être complet, cet article renvoie sur les pages qui démontrent les DANGERS, les NON-DITS et les CONTRE VERITES de l’algorithme et de son implémentation.

Pour calculer les points d’un élève, il faut prendre en compte 3 données :

  • les points liés aux notes (les évaluations périodiques) (algorithme quasi national)
  • les points liés au socle de compétences,
  • les bonus (chaque académie a sa propre liste).

Attention : cette page contient un peu de maths niveau 3ème.

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Affelnet : Qu’est-ce qui rend un lycée attractif ?

Voici une vraie question. Tous reconnaissent les incroyables compétences des professeurs, leurs capacité d’adaptation, notamment en éducation prioritaire. Malheureusement il existe chez l’humain une tendance (hélas bien souvent stérile) à comparer. L’idéal serait de sortir de ces distinctions.

Dans le cadre des lycées, il y a pour les parents des « bons » et des « mauvais » lycées. De leur côté, les rectorats parlaient « de lycées de niveaux », signifiant des lycées de « haut » et lycées de « bas » niveau.

Maintenant, les rectorats se mettent à parler de « lycées attractifs ». Le lycée attractif devient le lycée convoité, que tous désirent. Parler de lycées attractif est un artifice sémantique. S’ils sont attractifs, c’est qu’ils attirent des élèves, donc que le niveau du lycée viendrait de la demandes des élèves.

Ce glissement sémantique permet d’éviter de parler des éléments qui constituent l’attractivité intrinsèque d’un lycée :

  • proximité du domicile ou d’un pôle urbain réputé ;
  • sécurité des abord ;
  • multimodalité des transports ;
  • équipements des salles, nombre d’élèves moyen par classe ;
  • réputation de l’établissement auprès d’autres enfants ;
  • ouverture vers les études recherchées, etc. ;
  • et aussi le « niveau » du lycée, son taux de mentions au bac, etc.

Alors qu’est-ce qui rend attractif un lycée au fond ? Réponse : l’ensemble des éléments qui fondent le désir des collégiens d’y rentrer. Et très secondairement la qualité de la pierre de taille du bâtiment principal.

La réforme Affelnet Paris 2020-2021, que l’on dit modèle pour les futures déclinaisons d’Affelnet, a essayé de mettre en place de la mixité sociale. Elle l’a fait par des moyens détournés et sans expliciter franchement sa stratégie aux parents (voir Debunkage rapide de la réforme Affelnet Paris 2020-2021). Mais elle a en même temps échoué à mettre en place de la mixité scolaire : les lycées de niveau ont encore de beaux jours à Paris devant eux, même si marginalement leur liste change un peu.

Car ce que l’on constatera, c’est que les seuls lycées dont l’attractivité montera seront les lycées où les moyens auront été mis sur la table, en ouvrant des classes de 1ère et en limitant très fortement les effectifs par classe. Bien évidemment nous ne pouvons que rappeler l’utilité qu’aurait la mise en place de la règle des trois-tiers (lire Il faut mettre en place la règle des trois-tiers qui atteint l’objectif de mixité sociale et scolaire) et aussi Tout sur… Ce qu’il FAUT faire pour transformer Affelnet.

Affelnet : tirer le bilan du socle de compétences

Il apparait clairement que nombre d’enseignants de 3ème ne sont pas au fait du fonctionnement détaillé et les subtilités du socle de compétences, et de ses impacts, tant sur le DNB que sur Affelnet.

Sans chercher à prendre parti sur l’ensemble des documents et des normes dont sont abreuvés les enseignants, il apparait vite en les interrogeant qu’ils ne connaissent pas suffisamment bien le document d’accompagnement pour l’évaluation des acquis du socle commun de connaissances, de compétences et de culture [voir Note 1].

Pire encore, nombre d’entre eux n’ont pas une pleine conscience que dans certaines académies, une seule mention « Maîtrise satisfaisante » peut avoir pour effet de bloquer l’accès à plusieurs lycées dans Affelnet.

Certains autres enseignants ont détecté l’importance du socle dans l’affectation et ont, en coordination avec le principal, décidé d’affecter systématiquement des mentions « Maîtrise très satisfaisante » à tous leurs élèves, pour les favoriser dans le processus d’affectation. Nous ne qualifierons pas ce procédé, les conditions dans lesquelles certains enseignants sont amenés à faire leur métier étant assez compliquées. Mais il n’empêche que ces pratiques pèsent sur l’affectation.

Par ailleurs, dans le cadre actuel de réduction de l’importance des notes (et donc du socle), au moment où l’on s’interroge sur la manipulabilité de l’algorithme et les stratégies des parents, il est nécessaire de revoir la place du socle dans Affelnet.


[Note 1] : https://cache.media.eduscol.education.fr/file/College_2016/74/6/RAE_Evaluation_socle_cycle_4_643746.pdf. Vous trouverez aussi ce document dans notre documentation.

Debunkage rapide de la réforme Affelnet Paris 2020-2021

Dans cet article nous démontons les mécanismes de la réforme Affelnet Paris 2020-2021 qui, selon ce que nous avons pu savoir, a été un terrain d’expérimentation de portée nationale.

Nous démontrons comment cette réforme, présentée comme sociale, est en fait une réforme purement économique, ayant pour but de regrouper les élèves par pôles de lycées visant à terme la normalisation des parcours, la diminution des groupes de spécialités, et ainsi la réduction du nombre d’enseignants.

Nous démontrons la construction stratégique qui a consisté à disséminer les meilleurs élèves de Paris Centre , du 5ème et du 6ème, en leur bloquant l’accès à leurs lycées traditionnels (ce fait a d’ailleurs été indiqué par la DASEN Madame Claire Mazeron dans l’article 2021/02/24 – France3 Paris – Affelnet : l’inquiétude des parents des futurs lycéens face à un projet de nouvelle carte scolaire).
Cela a été fait en mettant en place deux stratégies :

  • Le bonus IPS dont la carte recouvre quasi exactement la carte des mentions Très Bien au DNB des collèges, permettant donc de distinguer les collèges ayant beaucoup de « futures têtes de classe » tout en se cachant derrière un argument social ;
  • Une carte de choix de 5 lycées de secteur 1 basée sur le nombre de collèges ayant tel ou tel lycée : plus de collèges à bonus IPS 600 ou 1200 ont ce lycée, moins il est accessible aux collèges à IPS 0, alors qu’ils figurent dans la liste des 5. Ainsi, Charlemagne (proposé 21fois), Sophie Germain et Turgot (proposés 19 fois) Hélène Boucher (proposé 18 fois) deviennent ainsi quasiment inaccessibles sans bonus IPS. D’où l’hécatombe pour ces élèves.

Le principal versant économique réside dans la dispersion des élèves des meilleurs collèges dans les lycées peu attractifs. Ce qui a été présenté comme la conséquence inattendue d’une réforme basée sur un facteur social – l’introduction du bonus IPS – est selon nous un plan déterminé. Il suffisait de constater – au moins à Paris – la concordance de la carte des mentions TB au DNB avec celle baptisée « carte des IPS ». Cette dispersion, en créant des « têtes de classe » censées tirer les classes vers le haut, permettra de réduire une fois de plus les parts des dotations affectées aux dédoublements de classes, au heures complémentaires, etc.

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Les « bons élèves » ne doivent pas servir de plan B pour cacher la diminution des Dotations Horaires dans les lycées.

Dans un article de france3-regions du 24 février 2021 [voir Note 1], Madame Claire MAZERON, récemment promue Directrice Académique des Service de l’Education Nationale (DASEN) déclare, parlant des problèmes de mixité scolaire : « Nous favorisons également la mixité scolaire. Avec cette réforme, des élèves de niveau intermédiaire pourront aller dans dans de bons lycées. Des têtes de classe pourront se retrouver dans des lycées intermédiaires. Nous souhaitons mieux répartir les élèves. Jusqu’à présent les bons collégiens allaient dans les bons lycées et les élèves fragiles dans des lycées moins bien classés. La réforme va enclencher une mécanique et cela va équilibrer les niveaux« .

Alors que le Rectorat fait croire aux parents que ce sont les notes de leur enfant qui compteront, ces propos dans la bouche de la DASEN démontrent que l’affectation devient basée sur le niveau social des parents des élèves !

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