Le saviez-vous ? L’IPS est un indice fortement genré.

L’IPS est l’indice choisi par l’Education Nationale pour déterminer les budgets (en fait les DHG) des collèges, lycées et calculer l’affectation via #Affelnet.

Il est sexiste et véhicule des stéréotypes de genres prédéterminés en termes de position sociale.

Cet indice est décrit par son créateur, Thierry Rocher (Thierry Rocher est le patron de la DEPP[1] et dirige l’IEA Education[2]) dans le document « Construction d’un indice de position sociale des élèves » disponible ici : https://www.education.gouv.fr/media/17207/download

Nous affirmons et démontrons ici que l’indice IPS est un indice fortement genré. Aujourd’hui, en 2021[voir Note 3] il est inacceptable de conditionner l’avenir de nos enfants sur des principes discriminants !

Comment ?

Tout vient des deux grilles de pondération des métiers utilisées pour bâtir l’IPS. Elles sont ici : https://www.education.gouv.fr/sites/default/files/imported_files/document/depp-2016-EF-90-donnees-indices-position-sociale-indices-croises_562510.xlsOr dans cette norme :

  • Pour les familles monoparentales, 93,7% de résultats sont genrés, dont 18,7% de manière notable, supérieure à 4,8% ;
  • Pour les familles biparentales hétérosexuelles, 94,3% de résultats sont genrés, dont 40% de manière notable à extrême, de 4,8% à 58,7% ;
  • Pour les familles biparentales homosexuelles : rien n’est prévu !!!

Comment ça marche, l’IPS ?

L’indice IPS est construit autour de deux grilles des pondérations des métiers :

  • Celle dite « standardisée » qui s’applique aux familles monoparentales : elle ne procure pas le même nombre de points quand le parent est un homme ou une femme ;
  • Celle dite « croisée » qui s’applique aux familles biparentales hétérosexuelles : elle ne procure pas le même nombre de points selon que c’est l’homme ou la femme qui a tel ou tel ou tel métier
  • Au passage, rien ne décrit de traitement pour les familles biparentales homosexuelles…

Ces deux grilles sont les deux onglets du document Excel téléchargeable ici sur le site du ministère de l’éducation nationale.

Résultats :

Nous avons analysé ces deux grilles, et il suffit d’un peu d’observation pour s’apercevoir que :

Concernant la grille des « indices croisés », qui s’applique aux familles biparentales hétérosexuelles (ce qui représente une majorité de familles) :

  • Cette grille ne fournit aucune indication de lecture pour les familles biparentales homosexuelles ;
  • Il y a 1024 indices croisés IPS qui sont la combinaison de 32 colonnes « père » x 32 lignes « mère » ;
  • Seuls 58 indices sur ces 1024 donnent des résultats identiques pour les deux combinaisons (PCS Mère, PCS Père) ou (PCS Père, PCS Mère) ;
  • Sur ces 1024 indices croisés IPS, il y a 483 indices croisés IPS qui sont défavorables aux femmes.
  • Il y a donc 94,3% de résultats genrés, et sur les 100%, 40% sont entre notablement et extrêmement genrés ;
  • Plus finement, sur ces 1024 combinaisons représentant le couple (PCS Mère, PCS Père) ou (PCS Père, PCS Mère) :
    • 30% des indices croisés présentent une différence minime, comprise entre 0,0% et 2,6% ;
    • 30% des indices croisés présentent une différence faible, comprise entre 2,7% et 4,6% ;
    • 10% des indices croisés présentent une différence notable, comprise entre 4,8% et 8% ;
    • 10% des indices croisés présentent une différence importante, comprise entre 8,0% et 10,2% ;
    • 10% des indices croisés présentent une différence très importante, comprise entre 10,2% et 15,4% ;
    • 10% des indices croisés présentent une différence extrême, comprise entre 15,4% et 58,7% ;

Concernant la grille des « indices standardisés », qui s’applique aux familles monoparentales :

  • La pondération des professions propose fréquemment à poste égal plus de points pour les hommes que pour les femmes.
  • Il y a 32 indices standardisés IPS qui ont chacun une valeur différente selon qu’ils concernent la mère ou le père ;
  • Seuls 2 indices sur ces 32 donnent des résultats identiques pour les deux genres (« Artisans » et « Employés civils et agents de service de la fonction publique ») ;
  • Il y a donc 93,7% de résultats genrés, et sur les 100%, 18,7% présentent une différence notable, supérieur à 4,8% ;

Voici à quoi ressemble le tableau d’analyse que nous avons calculé :

Légende :

  • En vert, les cases où (PCS Mère, PCS Père) et (PCS Père, PCS Mère) sont identiques (delta = 0)
  • En rouge, les cases où (PCS Mère, PCS Père) est inférieure à (PCS Père, PCS Mère) 
  • En bleu, les cases où (PCS Mère, PCS Père) est supérieure à (PCS Père, PCS Mère) 

D’autres défauts à l’IPS ?

Il y en a de nombreux. Vous trouverez une synthèse dans l’article Affelnet :l’IPS pose nombreux problèmes juridiques à l’expert que je ne suis pas.

D’abord, rappelons que l’indice IPS est présenté comme un indice social alors qu’il n’est pas utilisé pour un traitement individuel mais pour un traitement de groupe, indépendamment des disparités sociales au sein de ce groupe !

L’indice IPS est accordé pour tout un collège, de manière totalement identique pour enfants issus de CSP + comme de CSP – : comment faire plus injuste ?

Par ailleurs, nous rappelons aussi que l’indice IPS n’est pas collecté dans le respect du RGPD car la finalité de la collecte des informations n’est pas clairement indiquée aux parents (voir Pourquoi l’#IPS viole-t-il selon nous le RGPD ?).

Quelques exemples d’indices IPS genrés :

Les éléments suivants sont tirés des deux éléments de définition de la norme IPS :

  • Exemples relatifs à l’indice Croisé (Couples) :
    • Il y a une décote de 58,2% de points (soit 53 points) de moins quand c’est la mère qui est « Chômeurs n’ayant jamais travaillé » et le père qui est « Non renseignée (inconnue ou sans objet) » que dans le cas symétrique ;
    • Il y a une décote de 52,6% de points (soit 51 points) de moins quand c’est la mère qui est « Personnes diverses sans activité professionnelle » et le père qui est « Anciens employés et ouvriers » que dans le cas symétrique ;
    • Il y a une décote de 40,3% de points (soit 27 points) de moins quand c’est la mère qui est « Personnes diverses sans activité professionnelle » et le père qui est « Ouvriers agricoles » que dans le cas symétrique ;
    • Il y a une décote de 39,2% de points (soit 38 points) de moins quand c’est la mère qui est « Chômeurs n’ayant jamais travaillé » et le père qui est « Anciens employés et ouvriers » que dans le cas symétrique ;
    • Il y a une décote de 34,4% de points (soit 42 points) de moins quand c’est la mère qui est « Ouvriers qualifiés » et le père qui est « Contremaîtres, agents de maîtrise » que dans le cas symétrique.
  • Exemples relatifs à l’indice Standardisé (Parents isolés) :
    • Pour la PCS n°71, « Anciens agriculteurs exploitants », le nombre de points pour une mère subit une décote de -10,5% par rapport à celui qu’il serait s’il s’agissait d’un « père » ;
    • Pour la PCS n°23, « Chefs d’entreprise de dix salariés ou plus », le nombre de points pour une mère subit une décote de -9,4% par rapport à celui qu’il serait s’il s’agissait d’un « père » ;
    • Pour la PCS n°81, « Chômeurs n’ayant jamais travaillé », le nombre de points pour une mère subit une décote de -5,9% par rapport à celui qu’il serait s’il s’agissait d’un « père » ;
    • Pour la PCS n°55, « Employés de commerce », le nombre de points pour une mère subit une décote de -5,7% par rapport à celui qu’il serait s’il s’agissait d’un « père » ;
    • Pour la PCS n°10, « Agriculteurs exploitants », le nombre de points pour une mère subit une décote de -5,1% par rapport à celui qu’il serait s’il s’agissait d’un « père » ;
    • Il y a 15 indices IPS sur 32 qui sont défavorables aux femmes.

[Note 1] DEPP : La Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance exerce ses compétences d’évaluation et de mesure de la performance dans les domaines de l’éducation et de la formation. Elle contribue à l’évaluation des politiques conduites par le ministère de l’éducation nationale.

[Note 2] IEA – Education : L’ International Association for the Evaluation of Educational Achievement travaille à la recherche, à la compréhension et à l’amélioration de l’éducation dans le monde.

[Note 3] Pour rappel,

  • L’indice IPS est basé sur une simple enquête de 2008, analysant des critères plutôt obsolètes, ne prenant pas compte de la composition familiale ou encore de la réalité sociale en cas de période de reconversion par exemple, pour ne se concentrer que sur le métier ;
  • L’indice IPS ne se fonde que sur les notions de « position sociale » et de métier du foyer (ce qui est une simplification qui vide l’indice de son sens).

Avant tout, le choix de l’IPS comme indice pour Affelnet est invraisemblable.

Avant même d’étudier la manière dont fonctionne le bonus IPS (Indice de Position Sociale), penchons nous sur son élément de base, l’indice IPS. L’indice IPS est un indice complexe, qui intègre des notions de revenu, de métier, et relatives au foyer. Il peut vite souffrir de nombreuses irrégularités s’il est mal employé, comme à Paris. Il faut pour Affelnet soit réformer son usage, soit changer d’indice.

Nous explicitons en particulier combien le choix de l’IPS pour Affelnet ne repose sur aucune construction scientifique. En effet, comme nous le montrons, un juste emploi de l’IPS est délicat. Mais à Paris 2020-2021 ce n’est pas ce qui arrête le Rectorat, puisqu’en pratique l’IPS doit être utilisé pour argumenter des baisses de budget [voir Note 1].

En introduisant l’IPS qui quantifie non plus les revenus mais le niveau de « position sociale », le Rectorat souhaite donc prendre en compte combien les parents peuvent aider leurs enfants, non plus sur la base des moyens financiers mais bien d’un mix financier et culturel. Et conclut que plus les parents pourront aider leur enfant, moins les établissements publics auront besoin d’être aidés.

Pour tout savoir sur la construction de l’IPS, vous pouvez lire Qu’est ce que l’indice IPS qui sert de base à Affelnet et aux baisses de DHG ?

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Dans Affelnet : une absence totale de base scientifique au choix de l’IPS

L’IPS est nouvel indice défini en 2016 par Thierry Rocher, chef de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance). Il part d’un constat de vieillissement des études basées sur les CSP et propose un indice d’observation.

Cet indice, délicat à manier et qui impose de la calculer avec précision pour chacune des personne de l’étude dans lequel on souhaite l’intégrer, est adopté par le MENJS en 2019, qui en propose une version simplifiée à un extrême beaucoup trop extrême pour lui conserver du sens. Schématiquement, le MENJS reprend les CSP auxquelles il n’adjoint pas les données sociales qui font de l’ISP ce qu’il est. Il se contente de le renommer.

A Paris, Le Rectorat décide l’employer dans Affelnet en 2020-2021, sans à aucun moment se poser la moindre question sur l’adéquation de son indice et des populations étudiées : le but est de trouver un véhicule pour sa réforme qui permette d’identifier les établissements regorgeants de bons élèves pour les disperser, tout en donnant l’impression d’une action sociale. Le pseudo IPS du MENJS est parfait pour cela : il intègre l’étique « sociale » dans son nom, et recouvre parfaitement la carte des établissements ayant le plus de mentions TB au DNB.

Et donc à Paris, l’indice n’est utilisé que dans un seul but, économique. Il permet de déterminer les établissements en fonction de leurs résultats pour réduire les ressources économiques des meilleur via les DHG, augmentant celles des plus faibles (le bilan reste toujours à la diminution globale des moyens [voir Note 1]). Mais sans dire que cette construction n’est qu’économique, mais en faisant croire qu’elle est sociale.

En lui-même, l’IPS a du sens

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Cet indice IPS (qui est à la base des injustices de cette réforme), c’est légal ?

Alors que l’IPS est LA nouveauté de cette réforme d’#Affelnet Paris 2021, il apparait que cet indice pose de nombreux problèmes juridiques : sexiste, collecte non RGPD, etc… Or . De notre point de vue on peut en effet s’interroger :

  • sur la complétude et la sincérité de son établissement ;
  • sur l’assise juridique de la collecte et du traitement des IPS individuels

Plusieurs conseils de Parents d’Elèves parisiens ont écrit un courrier envoyé par mail et en recommandé AR à la DASEN. De nos informations, à cette date (13/03) ils n’ont toujours pas reçu de réponse.

Vous trouverez ce courrier ici : De nombreuses associations ont interrogé la DASEN en reco AR sur l’#IPS dans le nouvel #AFFELNET. Elle n’a jamais répondu.

Nous avons repris les questions de ces parents d’élèves, et les avons complétées avec nos réponses.

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Pourquoi l’#IPS viole-t-il selon nous le RGPD ?

La fiche de saisie des renseignements remise aux parents est mise en place pour alimenter l’application SIECLE. Cette fiche de saisie de SIECLE précise :

« A quoi sert cette fiche ? Les renseignements demandés sur cette fiche sont indispensables à l’établissement pour gérer la scolarité de votre enfant (inscription, changement d’établissement, affectation, inscription aux examens, etc.) et pour vous contacter à tout moment, en particulier en cas d’urgence. Ces informations sont également utiles à l’académie et au ministère pour mieux connaître les établissements et contribuer à leur bon fonctionnement. C’est pourquoi il est important de remplir cette fiche avec soin et de signaler dès que possible à l’établissement tout changement intervenant en cours d’année.« 

Or, le Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016, relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données (ouf) dit RGPD indique :

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Que représentent 600 ou 1200 points de bonus IPS ?

Nous le démontrons ici sur la base de cas d’élèves recalculés sur l’année 2020-2021, avec les coefficients (écart type et moyenne) de l’année, à savoir l’effet réel de 600 ou 1200 points de bonus IPS. Les réponses :

  • Avec un IPS de 600 points, un élève ayant entre 14,04 et 17,05 a plus de points que le meilleur élève à IPS 0 ;
    Le bonus IPS de 600 points rapporte donc entre 3 et 6 points de moyenne (cela dépend aussi du socle);
  • Avec un IPS de 1200 points, un élève ayant entre 12,63 et 14,49 a plus de points que le meilleur élève à IPS 0 ;
    Le bonus IPS de 1200 points rapporte donc entre 5,5 et 7,5 points de moyenne (cela dépend aussi du socle).

Un IPS de 600 points donne selon les cas un avantage de 4,5 points, un IPS de 1200 points un avantage de 6,5 points.

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De nombreuses associations ont interrogé la DASEN en reco AR sur l’IPS dans le nouvel AFFELNET. Elle n’a jamais répondu.

La réforme Affelnet, mise en place par le Rectorat pose problème à de nombreux parents fins connaisseurs du système, et ce dans tous les districts parisiens.

Pour apporter un nouvel éclairage sur cette réforme, de nombreuses associations ont envoyé de 24/02/2021 une vingtaine de questions à Mme Claire Mazeron, DASEN (et M. Kererro, Recteur, en copie). Ces questions interrogent sur les fondements techniques et la justification juridique de l’indice IPS ainsi que sur le mode de détermination des lycées de secteur 1 dans la nouvelle mouture AFFELNET.

Ce texte a été cosigné par

  • plusieurs administrateurs de la FCPE Paris très au fait d’Affelnet, (qui tous démissionnèrent quelques mois plus tard de leur fonction) ;
  • plusieurs présidents d’Unions Locales FCPE ;
  • plusieurs Conseils Locaux FCPE.

Tous ces gens avaient espoir que ces questions permettent à la DASEN Mme MAZERON ainsi qu’aux associations de Parents d’Elèves (et à leur présidences académiques ?) qui défendent et promeuvent cette réforme de conclure à son nécessaire gel – tant elle nous semble bâclée :

  • IPS non assis juridiquement et non représentatif,
  • Suppression du choix pour les parents remplacé par une contrainte rendant toute demande aléatoire,
  • Objectif d’accroissement de la mixité sociale complètement manqué.

Las, ce courrier ne reçu aucune réponse.

Ci dessous le texte de cette interpellation :

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Affelnet Paris 2020-2021 : sur le bonus IPS des collèges publics et privés de Paris

Pour rappel, cet indice pose de nombreux problèmes : il est sexiste, sa vérification statistique est incomplète, sa définition est antique , sa saisie est faite sans contrôle, il ne différentie pas les familles monoparentales, les orphelins, etc., il ne tient pas compte de la réalité sociale, il est saisi à partir des CSP, il est déclaratif et non contrôlé, et enfin cerise sur le gâteau n’est pas collecté dans le respect du RGPD (voir Avant tout, le choix de l’IPS comme indice pour Affelnet est invraisemblable !).

Mais surtout, il introduit une rupture d’égalité majeure : imaginez un immeuble dans un quartier bourgeois. L’enfant de la famille « CSP+ » et de la famille « concierge » logeant dans cet immeuble iront dans le même collège. Peut-on certifier qu’il n’y a pas de rupture d’égalité quand les deux bénéficient du même bonus IPS à 0, alors que l’enfant de la famille « concierge » devrait avoir un bonus IPS à 600 ou 1200 ? Bien évidemment non !

Cette année, avec l’introduction du bonus IPS, une surprise de taille : les collèges privés peuvent avoir aussi un bonus IPS. Quelques commentaires :

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