Affelnet : A Paris, l’affectation, c’est aujourd’hui, à la mi septembre, qu’elle se décide !

A Paris (et peut-être dans d’autres académies qui mettront en place cette année un bonus IPS), l’affectation en lycée se décide… en ce moment même.

Comment ? Rassurez-vous, le rectorat de Paris ne possède pas une A.I. capable de prévoir les notes des élèves.

Non, c’est vous qui êtes en train d’alimenter les données du Rectorat en retournant les fiches de renseignement que vous a confié votre établissement. Jusque là rien que de très normal.

Cependant, en effectuant ce geste banal et nécessaire, vous remplissez ou validez une donnée cruciale pour l’affectation : vos données « IPS » [voir Note 1]. Dans quel cadre ?

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Debunkage rapide de la réforme Affelnet Paris 2020-2021

Dans cet article nous démontons les mécanismes de la réforme Affelnet Paris 2020-2021 qui, selon ce que nous avons pu savoir, a été un terrain d’expérimentation de portée nationale.

Nous démontrons comment cette réforme, présentée comme sociale, est en fait une réforme purement économique, ayant pour but de regrouper les élèves par pôles de lycées visant à terme la normalisation des parcours, la diminution des groupes de spécialités, et ainsi la réduction du nombre d’enseignants.

Nous démontrons la construction stratégique qui a consisté à disséminer les meilleurs élèves de Paris Centre , du 5ème et du 6ème, en leur bloquant l’accès à leurs lycées traditionnels (ce fait a d’ailleurs été indiqué par la DASEN Madame Claire Mazeron dans l’article 2021/02/24 – France3 Paris – Affelnet : l’inquiétude des parents des futurs lycéens face à un projet de nouvelle carte scolaire).
Cela a été fait en mettant en place deux stratégies :

  • Le bonus IPS dont la carte recouvre quasi exactement la carte des mentions Très Bien au DNB des collèges, permettant donc de distinguer les collèges ayant beaucoup de « futures têtes de classe » tout en se cachant derrière un argument social ;
  • Une carte de choix de 5 lycées de secteur 1 basée sur le nombre de collèges ayant tel ou tel lycée : plus de collèges à bonus IPS 600 ou 1200 ont ce lycée, moins il est accessible aux collèges à IPS 0, alors qu’ils figurent dans la liste des 5. Ainsi, Charlemagne (proposé 21fois), Sophie Germain et Turgot (proposés 19 fois) Hélène Boucher (proposé 18 fois) deviennent ainsi quasiment inaccessibles sans bonus IPS. D’où l’hécatombe pour ces élèves.

Le principal versant économique réside dans la dispersion des élèves des meilleurs collèges dans les lycées peu attractifs. Ce qui a été présenté comme la conséquence inattendue d’une réforme basée sur un facteur social – l’introduction du bonus IPS – est selon nous un plan déterminé. Il suffisait de constater – au moins à Paris – la concordance de la carte des mentions TB au DNB avec celle baptisée « carte des IPS ». Cette dispersion, en créant des « têtes de classe » censées tirer les classes vers le haut, permettra de réduire une fois de plus les parts des dotations affectées aux dédoublements de classes, au heures complémentaires, etc.

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Repenser l’affectation à Paris, pour qu’elle soit plus juste

La réforme d’Affelnet Parsi 2020-2021 (et dans une moindre mesure en France entière), c’est :

  • Ne tenir compte de l’effort scolaire que pour 6,4% pourcents [voir Note 1] ;
  • Tenir compte de la « position sociale » des voisins mais pas de celle de la famille [voir Note 2] ;
  • Limiter le choix à une liste de 5 lycées, les autres étant tellement hypothétiques [voir Note 3].

La mixité sociale doit être renforcée, mais la valeur cardinale, celle que l’on enseigne à nos enfants, doit rester le mérite scolaire.

A Paris comme ailleurs, pour restaurer un peu de justice, il faut introduire de nouveaux points : créer un site web national, corriger les erreurs de calcul, ajuster l’offre et la demande en créant des lycées, contrôler les vœux pour améliorer les fiches de vœux, repenser le socle de compétences, repenser les bonus, gérer des recours…

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Affelnet n’est pas un champ d’expérimentation sociale : les enfants parisiens sont humains.

Dans un article de Libération du 22 février 2021 [voir Note 1], Julien Grenet déclare, à propos des interrogations sur l’arrivée du privé dans Affelnet :  «On saura grâce à ça comment les lycées privés sont équitables dans leur recrutement. Est-ce qu’il n’y a que 3 % d’élèves défavorisés dans le privé parce qu’ils ne candidatent pas ou parce qu’ils ne sont pas pris ? Cela permettra d’avoir une réponse».

Venant du « théoricien » d’Affelnet Paris, cette phrase est juste glaçante.

Pour rappel, depuis 2016 il n’est pas une année sans que la règle du jeu Affelnet ne change d’un seul coup au mois de mars ou d’avril, que ce soit par la modification des points accordés, l’adjonction de bonus, l’ajout de « collèges frontière », la mise en place de quotas, la pondération des matières, modifications de la version « enseignement professionnel ». Et pourtant, pas une année :

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Les « bons élèves » ne doivent pas servir de plan B pour cacher la diminution des Dotations Horaires dans les lycées.

Dans un article de france3-regions du 24 février 2021 [voir Note 1], Madame Claire MAZERON, récemment promue Directrice Académique des Service de l’Education Nationale (DASEN) déclare, parlant des problèmes de mixité scolaire : « Nous favorisons également la mixité scolaire. Avec cette réforme, des élèves de niveau intermédiaire pourront aller dans dans de bons lycées. Des têtes de classe pourront se retrouver dans des lycées intermédiaires. Nous souhaitons mieux répartir les élèves. Jusqu’à présent les bons collégiens allaient dans les bons lycées et les élèves fragiles dans des lycées moins bien classés. La réforme va enclencher une mécanique et cela va équilibrer les niveaux« .

Alors que le Rectorat fait croire aux parents que ce sont les notes de leur enfant qui compteront, ces propos dans la bouche de la DASEN démontrent que l’affectation devient basée sur le niveau social des parents des élèves !

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Comment et pourquoi le nouvel AFFELNET Paris est génial pour le rectorat, mais une HORREUR pour tous les parents.

Cet article a été écrit le , et remis à jour après le 1er juillet ,sur des points de détail. Il n’expose pas encore la vision stratégique du rectorat, ce que fera l’article Debunkage rapide de la réforme Affelnet 2020-2021.

Résumé : La mise en place de l’IPS dans le nouvel AFFELNET a lésé des milliers d’élèves parisiens. Ce nouveau système a abouti à la quasi-disparition du choix des lycées et permet au rectorat d’organiser en silence la diminution du nombre de spécialités présentes dans chaque lycée. En particulier, nous montrons comment le pseudo choix de 5 lycées se limite à 1 ou 2 en pratique (après, c’est juste totalement de la loterie) et comment l’indice IPS pèse sur l’affectation. L’absence de couverture des spécialités étant compensée par un regroupement des élèves => colère des parents et fermeture de postes d’enseignants (ceux des matières de spécialité) en lycée dès la rentrée 2022.

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Avant tout, le choix de l’IPS comme indice pour Affelnet est invraisemblable.

Avant même d’étudier la manière dont fonctionne le bonus IPS (Indice de Position Sociale), penchons nous sur son élément de base, l’indice IPS. L’indice IPS est un indice complexe, qui intègre des notions de revenu, de métier, et relatives au foyer. Il peut vite souffrir de nombreuses irrégularités s’il est mal employé, comme à Paris. Il faut pour Affelnet soit réformer son usage, soit changer d’indice.

Nous explicitons en particulier combien le choix de l’IPS pour Affelnet ne repose sur aucune construction scientifique. En effet, comme nous le montrons, un juste emploi de l’IPS est délicat. Mais à Paris 2020-2021 ce n’est pas ce qui arrête le Rectorat, puisqu’en pratique l’IPS doit être utilisé pour argumenter des baisses de budget [voir Note 1].

En introduisant l’IPS qui quantifie non plus les revenus mais le niveau de « position sociale », le Rectorat souhaite donc prendre en compte combien les parents peuvent aider leurs enfants, non plus sur la base des moyens financiers mais bien d’un mix financier et culturel. Et conclut que plus les parents pourront aider leur enfant, moins les établissements publics auront besoin d’être aidés.

Pour tout savoir sur la construction de l’IPS, vous pouvez lire Qu’est ce que l’indice IPS qui sert de base à Affelnet et aux baisses de DHG ?

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Dans Affelnet : une absence totale de base scientifique au choix de l’IPS

L’IPS est nouvel indice défini en 2016 par Thierry Rocher, chef de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance). Il part d’un constat de vieillissement des études basées sur les CSP et propose un indice d’observation.

Cet indice, délicat à manier et qui impose de la calculer avec précision pour chacune des personne de l’étude dans lequel on souhaite l’intégrer, est adopté par le MENJS en 2019, qui en propose une version simplifiée à un extrême beaucoup trop extrême pour lui conserver du sens. Schématiquement, le MENJS reprend les CSP auxquelles il n’adjoint pas les données sociales qui font de l’ISP ce qu’il est. Il se contente de le renommer.

A Paris, Le Rectorat décide l’employer dans Affelnet en 2020-2021, sans à aucun moment se poser la moindre question sur l’adéquation de son indice et des populations étudiées : le but est de trouver un véhicule pour sa réforme qui permette d’identifier les établissements regorgeants de bons élèves pour les disperser, tout en donnant l’impression d’une action sociale. Le pseudo IPS du MENJS est parfait pour cela : il intègre l’étique « sociale » dans son nom, et recouvre parfaitement la carte des établissements ayant le plus de mentions TB au DNB.

Et donc à Paris, l’indice n’est utilisé que dans un seul but, économique. Il permet de déterminer les établissements en fonction de leurs résultats pour réduire les ressources économiques des meilleur via les DHG, augmentant celles des plus faibles (le bilan reste toujours à la diminution globale des moyens [voir Note 1]). Mais sans dire que cette construction n’est qu’économique, mais en faisant croire qu’elle est sociale.

En lui-même, l’IPS a du sens

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Cet indice IPS (qui est à la base des injustices de cette réforme), c’est légal ?

Alors que l’IPS est LA nouveauté de cette réforme d’#Affelnet Paris 2021, il apparait que cet indice pose de nombreux problèmes juridiques : sexiste, collecte non RGPD, etc… Or . De notre point de vue on peut en effet s’interroger :

  • sur la complétude et la sincérité de son établissement ;
  • sur l’assise juridique de la collecte et du traitement des IPS individuels

Plusieurs conseils de Parents d’Elèves parisiens ont écrit un courrier envoyé par mail et en recommandé AR à la DASEN. De nos informations, à cette date (13/03) ils n’ont toujours pas reçu de réponse.

Vous trouverez ce courrier ici : De nombreuses associations ont interrogé la DASEN en reco AR sur l’#IPS dans le nouvel #AFFELNET. Elle n’a jamais répondu.

Nous avons repris les questions de ces parents d’élèves, et les avons complétées avec nos réponses.

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