Le saviez-vous ? L’IPS est un indice fortement genré.

L’IPS est l’indice choisi par l’Education Nationale pour déterminer les budgets (en fait les DHG) des collèges, lycées et calculer l’affectation via #Affelnet.

Il est sexiste et véhicule des stéréotypes de genres prédéterminés en termes de position sociale.

Cet indice est décrit par son créateur, Thierry Rocher (Thierry Rocher est le patron de la DEPP[1] et dirige l’IEA Education[2]) dans le document « Construction d’un indice de position sociale des élèves » disponible ici : https://www.education.gouv.fr/media/17207/download

Nous affirmons et démontrons ici que l’indice IPS est un indice fortement genré. Aujourd’hui, en 2021[voir Note 3] il est inacceptable de conditionner l’avenir de nos enfants sur des principes discriminants !

Comment ?

Tout vient des deux grilles de pondération des métiers utilisées pour bâtir l’IPS. Elles sont ici : https://www.education.gouv.fr/sites/default/files/imported_files/document/depp-2016-EF-90-donnees-indices-position-sociale-indices-croises_562510.xlsOr dans cette norme :

  • Pour les familles monoparentales, 93,7% de résultats sont genrés, dont 18,7% de manière notable, supérieure à 4,8% ;
  • Pour les familles biparentales hétérosexuelles, 94,3% de résultats sont genrés, dont 40% de manière notable à extrême, de 4,8% à 58,7% ;
  • Pour les familles biparentales homosexuelles : rien n’est prévu !!!

Comment ça marche, l’IPS ?

L’indice IPS est construit autour de deux grilles des pondérations des métiers :

  • Celle dite « standardisée » qui s’applique aux familles monoparentales : elle ne procure pas le même nombre de points quand le parent est un homme ou une femme ;
  • Celle dite « croisée » qui s’applique aux familles biparentales hétérosexuelles : elle ne procure pas le même nombre de points selon que c’est l’homme ou la femme qui a tel ou tel ou tel métier
  • Au passage, rien ne décrit de traitement pour les familles biparentales homosexuelles…

Ces deux grilles sont les deux onglets du document Excel téléchargeable ici sur le site du ministère de l’éducation nationale.

Résultats :

Nous avons analysé ces deux grilles, et il suffit d’un peu d’observation pour s’apercevoir que :

Concernant la grille des « indices croisés », qui s’applique aux familles biparentales hétérosexuelles (ce qui représente une majorité de familles) :

  • Cette grille ne fournit aucune indication de lecture pour les familles biparentales homosexuelles ;
  • Il y a 1024 indices croisés IPS qui sont la combinaison de 32 colonnes « père » x 32 lignes « mère » ;
  • Seuls 58 indices sur ces 1024 donnent des résultats identiques pour les deux combinaisons (PCS Mère, PCS Père) ou (PCS Père, PCS Mère) ;
  • Sur ces 1024 indices croisés IPS, il y a 483 indices croisés IPS qui sont défavorables aux femmes.
  • Il y a donc 94,3% de résultats genrés, et sur les 100%, 40% sont entre notablement et extrêmement genrés ;
  • Plus finement, sur ces 1024 combinaisons représentant le couple (PCS Mère, PCS Père) ou (PCS Père, PCS Mère) :
    • 30% des indices croisés présentent une différence minime, comprise entre 0,0% et 2,6% ;
    • 30% des indices croisés présentent une différence faible, comprise entre 2,7% et 4,6% ;
    • 10% des indices croisés présentent une différence notable, comprise entre 4,8% et 8% ;
    • 10% des indices croisés présentent une différence importante, comprise entre 8,0% et 10,2% ;
    • 10% des indices croisés présentent une différence très importante, comprise entre 10,2% et 15,4% ;
    • 10% des indices croisés présentent une différence extrême, comprise entre 15,4% et 58,7% ;

Concernant la grille des « indices standardisés », qui s’applique aux familles monoparentales :

  • La pondération des professions propose fréquemment à poste égal plus de points pour les hommes que pour les femmes.
  • Il y a 32 indices standardisés IPS qui ont chacun une valeur différente selon qu’ils concernent la mère ou le père ;
  • Seuls 2 indices sur ces 32 donnent des résultats identiques pour les deux genres (« Artisans » et « Employés civils et agents de service de la fonction publique ») ;
  • Il y a donc 93,7% de résultats genrés, et sur les 100%, 18,7% présentent une différence notable, supérieur à 4,8% ;

Voici à quoi ressemble le tableau d’analyse que nous avons calculé :

Légende :

  • En vert, les cases où (PCS Mère, PCS Père) et (PCS Père, PCS Mère) sont identiques (delta = 0)
  • En rouge, les cases où (PCS Mère, PCS Père) est inférieure à (PCS Père, PCS Mère) 
  • En bleu, les cases où (PCS Mère, PCS Père) est supérieure à (PCS Père, PCS Mère) 

D’autres défauts à l’IPS ?

Il y en a de nombreux. Vous trouverez une synthèse dans l’article Affelnet :l’IPS pose nombreux problèmes juridiques à l’expert que je ne suis pas.

D’abord, rappelons que l’indice IPS est présenté comme un indice social alors qu’il n’est pas utilisé pour un traitement individuel mais pour un traitement de groupe, indépendamment des disparités sociales au sein de ce groupe !

L’indice IPS est accordé pour tout un collège, de manière totalement identique pour enfants issus de CSP + comme de CSP – : comment faire plus injuste ?

Par ailleurs, nous rappelons aussi que l’indice IPS n’est pas collecté dans le respect du RGPD car la finalité de la collecte des informations n’est pas clairement indiquée aux parents (voir Pourquoi l’#IPS viole-t-il selon nous le RGPD ?).

Quelques exemples d’indices IPS genrés :

Les éléments suivants sont tirés des deux éléments de définition de la norme IPS :

  • Exemples relatifs à l’indice Croisé (Couples) :
    • Il y a une décote de 58,2% de points (soit 53 points) de moins quand c’est la mère qui est « Chômeurs n’ayant jamais travaillé » et le père qui est « Non renseignée (inconnue ou sans objet) » que dans le cas symétrique ;
    • Il y a une décote de 52,6% de points (soit 51 points) de moins quand c’est la mère qui est « Personnes diverses sans activité professionnelle » et le père qui est « Anciens employés et ouvriers » que dans le cas symétrique ;
    • Il y a une décote de 40,3% de points (soit 27 points) de moins quand c’est la mère qui est « Personnes diverses sans activité professionnelle » et le père qui est « Ouvriers agricoles » que dans le cas symétrique ;
    • Il y a une décote de 39,2% de points (soit 38 points) de moins quand c’est la mère qui est « Chômeurs n’ayant jamais travaillé » et le père qui est « Anciens employés et ouvriers » que dans le cas symétrique ;
    • Il y a une décote de 34,4% de points (soit 42 points) de moins quand c’est la mère qui est « Ouvriers qualifiés » et le père qui est « Contremaîtres, agents de maîtrise » que dans le cas symétrique.
  • Exemples relatifs à l’indice Standardisé (Parents isolés) :
    • Pour la PCS n°71, « Anciens agriculteurs exploitants », le nombre de points pour une mère subit une décote de -10,5% par rapport à celui qu’il serait s’il s’agissait d’un « père » ;
    • Pour la PCS n°23, « Chefs d’entreprise de dix salariés ou plus », le nombre de points pour une mère subit une décote de -9,4% par rapport à celui qu’il serait s’il s’agissait d’un « père » ;
    • Pour la PCS n°81, « Chômeurs n’ayant jamais travaillé », le nombre de points pour une mère subit une décote de -5,9% par rapport à celui qu’il serait s’il s’agissait d’un « père » ;
    • Pour la PCS n°55, « Employés de commerce », le nombre de points pour une mère subit une décote de -5,7% par rapport à celui qu’il serait s’il s’agissait d’un « père » ;
    • Pour la PCS n°10, « Agriculteurs exploitants », le nombre de points pour une mère subit une décote de -5,1% par rapport à celui qu’il serait s’il s’agissait d’un « père » ;
    • Il y a 15 indices IPS sur 32 qui sont défavorables aux femmes.

[Note 1] DEPP : La Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance exerce ses compétences d’évaluation et de mesure de la performance dans les domaines de l’éducation et de la formation. Elle contribue à l’évaluation des politiques conduites par le ministère de l’éducation nationale.

[Note 2] IEA – Education : L’ International Association for the Evaluation of Educational Achievement travaille à la recherche, à la compréhension et à l’amélioration de l’éducation dans le monde.

[Note 3] Pour rappel,

  • L’indice IPS est basé sur une simple enquête de 2008, analysant des critères plutôt obsolètes, ne prenant pas compte de la composition familiale ou encore de la réalité sociale en cas de période de reconversion par exemple, pour ne se concentrer que sur le métier ;
  • L’indice IPS ne se fonde que sur les notions de « position sociale » et de métier du foyer (ce qui est une simplification qui vide l’indice de son sens).

Le Conseil constitutionnel censure l’accès aux données vaccinales des élèves des établissements scolaires aux données vaccinales des élève

Adopté après deux lectures par l’Assemblée et le Sénat, la loi vigilance sanitaire vient d’être censurée par le Conseil Constitutionnel.

Le Conseil constitutionnel a donc décidé le 9 novembre d’annuler l’article 9 de la loi parce que  » ces dispositions portent une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée. »

Les écoles et établissements scolaires n’auront pas accès au statut vaccinal, au statut virologique et aux contacts des élèves.

Au Conseil de Paris du 14/10/2021, M. BLOCHE indique trouver qu’#Affelnet Paris 2020-21 s’est bien passé…

Pour être plus précis, lors de cette séance du Conseil de Paris [voir Note 1], le Conseiller M. Patrick BLOCHE a déclaré « (ne faire) quasiment pas l’objet d’interpellation sur la mise en œuvre de cette réforme en cette rentrée, ce qu’il n’était pas le cas et même le contraire l’année dernière« .

S’il le faut, rappelons-lui les 900 recours reçus cette année par le rectorat [voir Note 2], qui sont bien loin de démontrer une situation serine et apaisée.

Nous vous invitons donc à transmettre à M. Bloche (patrick.bloche@paris.fr) le simple mail suivant :

Sujet : Affelnet à Paris en 2020-2021
Message : Monsieur Bloche, en contradiction avec vos déclarations au Conseil de Paris du 14/10/2021, je vous interpelle sur la réforme Affelnet Paris 2020-2021 pour vous exprimer mon dépit et mon insatisfaction relativement au traitement inique apporté à tant d’enfants.

Vous pouvez aussi utiliser twitter en twittant :

@pbloche : Monsieur Bloche, en contradiction avec vos déclarations au Conseil de Paris du 14/10/2021, je vous interpelle sur la réforme #Affelnet Paris 2020-2021 pour vous exprimer mon dépit et mon insatisfaction relativement au traitement inique apporté à tant d’enfants.


[Note 1] : Voir 2021/10/14 – Pour des raisons dogmatiques, le Conseil de Paris refuse d’interpeler le ministre sur #Affelnet

[Note 2] : Mme Claire MAZERON, Dasen de Paris chargée des lycées et de la liaison avec l’enseignement supérieur, déclare le 14 septembre 2021 à AEF info avoir enregistré environ 900 recours (https://www.aefinfo.fr/depeche/658452-paris-le-nouvel-affelnet-a-permis-de-reduire-la-segregation-scolaire-claire-mazeron-dasen, sur abonnement).

Le Conseil de Paris refuse d’interpeler le ministre pour plus de transparence sur #Affelnet : pourquoi c’est grave

Le 14/10/2021, le Conseil de Paris a été saisi d’un vœu relatif à Affelnet [voir Note 1] déposé par Mme MONTANDON. Ce vœu est basé sur une analyse de la réforme Affelnet 2020-2021 à Paris et sur les vœux du même Conseil de Paris du 09/03/2021.

Il demande à la Maire de Paris d’engager deux actions auprès du Ministre de l’Education pour plus de transparence sur Affelnet :

  • De saisir le Ministère de l’Éducation afin d’obtenir la garantie d’une transparence totale sur le fonctionnement d’Affelnet, rendue possible au moyen d’un site web national d’information, de simulation et de saisie des vœux ;
  • De demander au Rectorat la publication en open-data de l’ensemble des résultats (anonymisés) des années précédentes.

L’exécutif, par la bouche du Conseiller de Paris Patrick BLOCHE a donné un avis défavorable à ce vœu demandant plus de transparence, qui a donc été rejeté.

M. BLOCHE indique refuser ces deux demandes. Pour lui, elles seraient basées sur une mise en avant de la méritocratie, qu’il oppose à la mixité sociale. Or, le vœu proposé au vote n’est pas une demande de réforme d’Affelnet, mais juste d’une demande de transparence, d’accès aux données.

« …votre vœu est basé sur un critère qui n’est pas celui auquel nous pensons spontanément à la gauche de cet hémicycle quand nous évoquons la réforme Affelnet, puisque vous évoquez le critère de méritocratie qui selon vous serait insuffisamment pris en compte dans cette réforme Affelnet. La méritocratie pour nous n’est pas un critère de politique éducative, ce qui caractérise la politique éducative de cette majorité municipale, c’est la mixité sociale pour la réussite de tous les élèves et c’est la raison pour laquelle évidemment je ne peux donner qu’un avis défavorable« . (Patrick BLOCHE, le 14/10/2021)

Cette réponse est si dogmatique que l’on peut légitimement s’interroger sur une possible collusion – au moins intellectuelle – avec l’académie de Paris.

Nous souhaitons donc répondre à M. BLOCHE :

  1. Ignorer la détresse de centaines de parents pour des motifs politiques après avoir affecté leurs enfants sans tenir compte de leurs notes [voir Note 2], c’est juste inéquitable, injuste, partial. Indigne.
  2. Si la mixité sociale est un but à atteindre, c’est aussi une gageure : rien dans la mise en avant de la mixité sociale ne garantira d’obtenir un système éducatif plus performant. D’autant plus que dans tous les cas, mixité n’est pas égalité de traitement.
  3. Toute la vie scolaire des élèves est basée sur les notes… alors, comment dire que l’on ne veut pas tenir compte du mérite ? C’est mentir aux enfants, refuser de leur faire anticiper ParcourSup.

Par ailleurs, M. BLOCHE déclare « (ne faire) quasiment pas l’objet d’interpellation sur la mise en œuvre de cette réforme en cette rentrée, ce qu’il n’était pas le cas et même le contraire l’année dernière ». S’il le faut, rappelons-lui les 900 recours reçus cette année par le rectorat [voir Note 3], qui sont bien loin de démontrer une situation serine et apaisée.


[Note 1] : Voir 2021/10/14 – Pour des raisons dogmatiques, le Conseil de Paris refuse d’interpeler le ministre sur #Affelnet

[Note 2] : dans de nombreux cas, les notes ne suffisaient pas : le nombre de points de l’élève ne lui permettait pas d’atteindre les seuils des lycées qu’il convoitait. Ces lycées se retrouvaient donc exclusivement réservés à des élèves ayant des bonus pour compléter leurs notes. Environ 4000 élèves se sont confrontés à des choix impossibles. Lire Démonstration des promesses non tenues sur les cartes de secteur.

[Note 3] : Mme Claire MAZERON, Dasen de Paris chargée des lycées et de la liaison avec l’enseignement supérieur, déclare le 14 septembre 2021 à AEF info avoir enregistré environ 900 recours (https://www.aefinfo.fr/depeche/658452-paris-le-nouvel-affelnet-a-permis-de-reduire-la-segregation-scolaire-claire-mazeron-dasen, sur abonnement).

2021/10/14 – Pour des raisons dogmatiques, le Conseil de Paris refuse d’interpeler le ministre sur #Affelnet

Le 14/10/2021, lors du Conseil de Paris, la Conseillère Valérie Montandon, a émis un vœu qui correspond exactement à deux de nos demandes :

  • Saisir le Ministère de l’Éducation afin d’obtenir la garantie d’une transparence totale sur le fonctionnement d’Affelnet, qui sera rendue possible au moyen d’un site web national d’information, de simulation et de saisie des vœux ;
  • Demander au Rectorat la publication en open-data de l’ensemble des résultats (anonymisés) des années précédentes.

Contre toute attente, reniant sa parole du 09/03/2021, l’exécutif s’est positionné contre ce vœu.

Vous trouverez ci dessous :

  • La vidéo de l’interpellation et de la réponse de M. Patrick Bloche ;
  • Le verbatim de cet échange
  • Le texte du vœu :
Lire la suite

#Affelnet : Affecter nos enfants au lycée via un algorithme, c’est agir avec eux comme les GAFAM

La vie de nos enfants est de plus en plus réglée par des algorithmes. Est-ce une raison pour que l’Etat lors de leur affectation se permette d’agir à l’instar d’Instagram, TikTok ou Facebook, et mette en place un algorithme mal documenté, non maîtrisé et aux finalités masquées ?

Plus un seul discours de responsable du système éducatif français qui ne parle de mixité scolaire et sociale. Dans la réalité, pourtant, le constat est tout autre. Aujourd’hui, le système national Affelnet – qui affecte les élèves en 2nde – évolue à bas bruit vers un mode de gestion de plus en plus basé sur des bonus, de moins en moins sur les notes qui restent pourtant la référence cardinale, et jamais sur la personne qu’est l’élève.

Le cadre du système est socialement inégalitaire

L’affectation au lycée est pour les élèves une des premières étapes qui conditionne leur vie. C’est aussi un moment où il semble possible – si le contexte de l’académie s’y prête, par exemple en offrant localement un choix de plusieurs lycées – d’introduire une forme de mixité, sociale ou scolaire. Or, dans ces académies, on constate d’année en année une baisse significative du taux de satisfaction des parents.

Mais si gérer simultanément ces deux formes de mixité peut de prime abord sembler un but à atteindre, c’est en fait une gageure : rien dans la réunion de ces deux objectifs ne garantira d’obtenir un système éducatif plus performant. D’autant plus que dans tous les cas, mixité n’est pas égalité de traitement.

La mixité n’est pas un principe auto-suffisant, elle doit être accompagnée d’une véritable politique d’égalité. Or, dans le cadre de l’affectation au lycée, il est aisé de démontrer que le système est inégalitaire, et surtout trompeur. Ainsi, quel intérêt à faire rentrer 10 classes de 2nde dans un établissement prestigieux si c’est pour n’y trouver que 7 classes de 1ère ?

Le système est biaisé (calculs, bonus)

L’algorithme Affelnet est un système perclus de défauts, de « bugs », d’erreurs de principes qui ont pour conséquence une grande froideur opérationnelle.

  • Les bonus sont à normaliser : pas deux académies où ils soient les mêmes, où ils aient les mêmes valeurs. Ainsi, les bonus géographiques varient entre 9000 et 32000 points selon les académies, quand  la différence entre le meilleur élève et un autre à peine admis à passer en 2nde n’est réellement que de 2100 points, au maximum.
  • Les bonus n’ont donc plus que marginalement leur rôle impulseur : en devenant tellement prédominants, ils ségréguent, échelonnent les élèves en groupes plus ou moins prioritaires. Les bonus sont aussi plafonnés parfois, ce qui a pour effet d’en priver ceux qui en ont le plus besoin.
  • L’algorithmique est faussée, émaillée de nombreuses erreurs : les plages de notes sont en nombre trop faible, la fonction dite d’harmonisation n’harmonise rien, les résultats obtenus ne sont pas ceux attendus, en particulier en défavorisant les élèves qui progressent ;

Le système ne tient pas compte de l’humain

Au-delà de l’algorithme, le système Affelnet ne doit pas être pensé comme un logiciel de gestion de stock de GAFAM. Sa finalité ne doit pas être de tasser dans une classe, parfois 24, mais bien plus souvent 37 élèves. En revanche, il doit tenir compte de l’être de l’adolescent, de sa personnalité, de ses attentes, de ses demandes mais aussi de ses besoins. Affelnet doit mettre en place une stratégie pour les enfants TDA ou pour les autres handicaps n’ouvrant pas voie à une affectation prioritaire.

Affelnet est basé sur des « vœux ». Mais pour émettre des vœux pour un lycée, encore faut-il vouloir, souhaiter y aller. Comment faire, quand il n’y a aucun site à jour, complet, qui présente les établissements, leurs spécialités, leurs classes de 1ère ? Comment faire quand perdurent les ruptures d’égalité, quand entre deux départements les droits et les nombres de « vœux » possibles diffèrent ?

Enfin, les élèves qui ont eu la malchance statistique d’être non-affectés – car l’affectation est avant tout une question d’offre et de demande bien plus que de notes – voient leur affectation repoussée jusqu’en septembre ou octobre. Leurs recours n’aboutissent majoritairement qu’à des courriers standardisés signifiant un refus ou un manque de place.

Affelnet n’est pas un terrain d’expérimentation : au bout, il y a des personnes en devenir.

Après avoir analysé la quasi-totalité des versions académiques d’Affelnet, nous n’avons jamais trouvé ce simple élément de bon sens : chercher à affecter les élèves en fonction de ce qu’ils sont, en tenant compte de leur orientation scolaire et de leurs préférences. Au contraire, nous avons constaté, à Paris, qu’ils étaient affectés en fonction de facteurs inappropriés tels que le salaire moyen dans leur collège, ce qui est loin de refléter la situation particulière de l’élève.

L’argument de la mixité amène les recteurs ou DASEN à faire de l’affectation un terrain d’expérimentation, ajustant dans leur académie tel paramètre ou telle variable dans le but de masquer le manque de moyens investis dans l’éducation. Leur objectif est alors bien plus économique que scolaire ou social, visant à terme la normalisation des parcours, la diminution des groupes de spécialités, et ainsi la réduction du nombre d’enseignants.

Ainsi les responsables du système éducatif français, sans tenir compte de nos dégringolades sur l’échelle PISA, s’obstinent de plus en plus à tenter de nouveaux paramétrages, de nouvelles exceptions, sans faire l’analyse simple que si le système dysfonctionne, ce n’est pas du fait d’un sous-facteur mal ajusté, mais bien d’une impéritie générale du système.

Ce qu’il faut faire.

La France est de ces grands pays développés où le poids de l’origine sociale impacte le plus sur les performances et les trajectoires scolaires, jusqu’à en être quasiment déterministe, bien loin du système finlandais par exemple. Les élèves aux résultats insuffisants y sont le plus regroupés, et l’écart de réussite selon l’origine sociale y est prégnant.

L’affectation en seconde est un moment charnière de la vie de l’élève. Il faut réformer cette procédure et la corréler concrètement à l’orientation, pour que cette transition débouche sur la scolarité choisie que promettent les discours ministériels.

Tout d’abord, le Ministère doit retravailler urgemment l’algorithme Affelnet et son usage, notamment les points suivants :

  • Corriger l’algorithme de ses erreurs de calcul, qui accroissent les injustices ;
  • Rendre le système transparent via un site web national d’information, de simulation et de saisie des vœux, et mettre en open-data l’ensemble des résultats (anonymisés) des années précédentes, académie par académie ;
  • Réformer les bonus, supprimer leur plafonnement et réglementer leur amplitude ;
  • Affecter l’élève selon qui il est, les langues qu’il étudie, ses rythmes, ses forces comme ses handicaps.

Ensuite, il faut instaurer la mixité scolaire et sociale en mettant en place la règle des trois tiers, qui consiste à réserver des places à proportion dans chaque établissement :

  • Très bons élèves : 1/3 des places ;
  • Bons élèves : 1/3 des places ;
  • Elèves à soutenir : 1/3 des places.

Toutefois, nous le savons bien, le moyen le plus efficace pour désengorger l’affectation et la rendre réellement juste est de bâtir de nouveaux lycées et de leur allouer plus de moyens, à la hauteur de nos ambitions pour notre jeunesse.

#Affelnet : Pourquoi faut-il réformer ce système ?

Nous sommes en 2021, en France. Affelnet a été créé en 2008, et traite chaque année 800.000 enfants [voir Note 1].

Et pourtant, nous n’avons TOUJOURS pas un système d’affectation digne de ce nom.

Aujourd’hui :

  • On parle d’Affelnet. Mais saviez-vous qu’il y a 35 Affelnet, un par académie, avec des règles différentes, des dates différentes, des bonus différents ? Et que toutes ces règles changent d’année en année [voir Note 2] ?
  • Affelnet calcule mal : dans 60% des cas, les points Affelnet d’un élève sont inférieurs à ce que vous pouvez penser, et Affelnet défavorise les élèves qui progressent (un élève avec 9,11 et 13 aura moins de points qu’un élève qui a 11,11 et 11) [voir Note 3]
  • Affelnet n’accorde pas la même valeur aux notes partout : certes les notes sont basées sur 9600 points (quasiment) partout, mais selon les académies on ajoute des bonus géographiques qui vont de 9000 à 32640 points ! Selon les académies, la part des notes va de 23,3% à seulement 6,4% du total Affelnet [voir Note 4].
  • Affelnet gère ses bonus n’importe comment : nous avons 32 types de bonus en France, la plupart ayant cours dans 4 ou 5 académies seulement [voir Note 5].
  • Affelnet plafonne certains bonus sociaux en définissant le nombre de bénéficiaires selon les notes : les élèves les plus faibles scolairement peuvent se voir priver de bonus boursier [voir Note 6].
  • Affelnet fragilise cruellement les plus faibles scolairement. Du fait des seuils d’entrée (lycée attractif <=> seuil d’entrée élevé) les élèves les plus faibles ont un choix réel plus limité [voir Note 7].
  • Affelnet ne connait pas les enfants avec un PAP ou des TDA… Nous demandons à ce qu’ils puissent bénéficier d’un « bonus » de compensation dans l’algorithme (pour mémoire, on ne donne pas des amphétamines à un enfant par plaisir) [voir Note 8].
  • Affelnet n’offre pas les mêmes chances à tous, contrairement à ce que prévoit le Code Pénal [voir Note 9a] : dans certaines académies, on a 15 vœux, dans d’autres 10, et à Paris 5 (les autres lycées sont quasiment inatteignables, sauf les lycées peu attractifs) [voir Note 9b].
  • Affelnet ne respecte pas l’égalité entre français : un élève qui emménage dans une académie a moins de choix, et parfois des malus de points, ce qui le fait passer après les autres comme à Amiens et Grenoble (exemples), où l’élève emménageant voit ses points divisés par 10 [voir Note 10].
  • Affelnet induit les parents en erreur en utilisant une fonction d’harmonisation qui n’harmonise rien. Pire, chaque académie explique différemment sa fonction, mais jamais de la bonne manière [voir Note 11].
  • Affelnet est différent dans chaque académie. Dans ses barèmes, dans ses bonus, dans sa manière de donner accès à la documentation et aux circulaires [voir Note 12].
  • Affelnet prodigue des conseils sur les procédures de recours qui ne répondent pas aux exigences du droit, et ne communique pas assez rapidement aux parents les documents permettant d’argumenter leur recours (cette année à Paris certaines demandes de fiches barème n’ont été traitées qu’en septembre) [voir Note 13].
  • Affelnet est mathématiquement inadapté, utilisant un algorithme loin de donner le meilleur résultat possible [voir Note 14].
  • Affelnet ne permet pas aux parents d’avoir accès au socle de compétences pour faire leurs vœux, alors que cette fonctionnalité est prévue par l’Arrêté du 24-10-2017 – J.O. du 3-11-2017 portant création d’un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « Livret scolaire unique numérique » [voir Note 15].
  • Affelnet génère toujours des non-affectés (voir cette année à Paris, Versailles, Toulouse, Guyane, etc.). Et tous les ans des élèves n’ont leur affectation qu’en septembre, après avoir passé deux mois de vacances la boule au ventre [voir Note 16a]. Et en plus, la fonction d’harmonisation (qui m’harmoniste toujours rien) défavorise les plus faibles [voir Note 16b].

Plus particulièrement à Paris pour les élèves de 2020-2021 :

  • Affelnet a introduit l’année dernière à Paris un nouveau Bonus : le bonus IPS. C’est un bonus basé sur un indice inadapté, donnant des nombres de points différents aux hommes et aux femmes, collecté et ressaisi sans contrôle. C’est un bonus qui se veut social mais qui est attribué à tout un collège, de la même manière pour les élèves CSP++ et CSP– [voir Note 17].
  • Affelnet a créé l’année dernière à Paris une carte de 5 lycées par collège qui sont les seuls à être garantis comme atteignables (pour être exact, dans chaque lot de 5 il y en a toujours un très peu attractif). Mais cette carte était truffée de combinaisons impossibles. Certains collèges n’avaient que en réalité que 3 choix [voir Note 18].
  • Affelnet a fait l’année dernière à Paris une réforme censée être basée sur des facteurs de « proximité géographique, de mixité scolaire et de fin des lycées de niveau » [voir Note 19a]. Nous démontons qu’au contraire sa finalité est économique, elle permet de baisser les dédoublements, et prépare la réduction des effectifs enseignants en lycée en imposant des spécialités regroupées selon des pôles de lycées [voir Note 19b].
  • Affelnet a regroupé les lycées par pôles, mais clairement cela ne permet pas d’offrir toutes les spécialités à tous les élèves. Pour combler ce manque sans faire d’investissement, le Rectorat a présenté et mis en avant les EIE, sachant très bien que ce dispositif ne garantit pas que les élèves pourront obtenir l’EIE demandé : les élèves du lycée avec l’EIE sont prioritaires, et seules les places vacantes sont proposées aux autres élèves [voir Note 20].

Que faut-il faire, alors ?

Ceci étant dit, avant que cela n’arrive, nous proposons de corriger et d’améliorer ce système. Dans tous les cas il faut revoir Affelnet :

  • en corrigeant l’algorithme de ses erreurs – qui accroissent ses injustices ;
  • en rendant le système transparent ;
  • en le réformant, l’améliorant socialement.
  • en affectant selon l’être qu’est l’élève.

Nos propositions concrètes

Un certain nombre d’actions sont à mener URGEMENT :

Nous avons bien conscience que la mise en œuvre de deux mesures permettrait une énorme avancée :


[Note 1] : 810 487 élèves en classe de 3ème. Source : Repères et références statistiques 2020, DEPP, page 81, téléchargeable ici : https://affelnet.files.wordpress.com/2021/08/depp-reperes-et-references-statistiques-2021-ouvrage-complet-92540.pdf

[Note 2] : Lire sur Affelnet.fr : Les circulaires Affelnet

[Note 3] : Lire sur Affelnet.fr : Non-dit d’Affelnet#2 : Les points Affelnet ne représentent pas la moyenne des notes.

[Note 4] : Lire sur Affelnet.fr : Il faut fixer une règle nationale pour limiter nombre et valeur des bonus par rapport aux notes

[Note 5] : Lire sur Affelnet.fr : L’invraisemblable nombre de bonus Affelnet en France, tellement inégalitaire

[Note 6] : Lire sur Affelnet.fr : Sur l’injustice du plafonnement des bonus (et pas que boursier)

[Note 7] : Lire sur Affelnet.fr : Affelnet fragilise redoutablement les plus faibles… et … or les plus faibles ont déjà moins de choix.

[Note 8] : Lire sur Affelnet.fr : Affelnet : Ouvrir un mécanisme de compensation pour les enfants TDA ou porteurs d’un PAP

[Note 9a] : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033461473/

[Note 9b] : Lire sur Affelnet.fr : Une rupture d’égalité dans le nombre de vœux possibles ?

[Note 10] : Lire sur Affelnet.fr : Le processus complet d’affectation – les calculs, § « Les coefficients multiplicateurs des évaluations selon le groupe d’origine scolaire (chaque académie a son propre mode) »

[Note 11] : Lire sur Affelnet.fr : Contre-vérité d’Affelnet #3 : découvrons le véritable sens de la fonction d’harmonisation.

[Note 12] : Lire sur Affelnet.fr : Les circulaires Affelnet

[Note 13] : Lire sur Affelnet.fr : Pas content : comment faire un recours

[Note 14] : Lire sur Affelnet.fr : Il faut revoir le modèle algorithmique…

[Note 15] : https://www.education.gouv.fr/bo/17/Hebdo39/MENE1718570A.htm?cid_bo=122165

[Note 16a] : Lire sur Affelnet.fr : Il faut gérer efficacement les non affectés

[Note 16b] : Lire sur Affelnet.fr : Le saviez-vous ? La fonction d’harmonisation a un impact direct sur les non-affectés, et a favorisé les collèges avec IPS 600 ou 1200 à Paris 2020-2021.

[Note 17] : Lire sur Affelnet.fr : L’IPS pose nombreux problèmes juridiques à l’expert que je ne suis pas.

[Note 18] : Lire sur Affelnet.fr : Démonstration des promesses non tenues sur les cartes de secteur.

[Note 19a] : Lire sur Affelnet.fr : 2021/03/03 – Le Monde – Mixité sociale : petite révolution à Paris dans l’affectation en lycée

[Note 19b] : Lire sur Affelnet.fr : Debunkage rapide de la réforme Affelnet Paris 2020-2021

[Note 20] : Lire sur Affelnet.fr : Affelnet : Que sont les EIE (enseignement inter-établissement) ?

2021/09/22 – On parle de nous dans la presse !

Grande fierté ce soir : Le Figaro parle de notre site et nous donne la parole dans ses pages Etudiant. Un grand merci pour cette interview !

Un parent d’élève crée un site pour souligner les failles d’Affelnet
Par Sophie de Tarlé • Publié le 22/09/2021 à 16:01 • Mis à jour le 22/09/2021 à 17:00

Hervé Rindzunski a décortiqué le système Affelnet mis en place nationalement pour affecter les collégiens au lycée, en créant un site rempli d’informations.

Lire la suite

Affelnet : Le guide complet Affelnet 2nde pour les parents

Nous avons choisi de vous présenter Affelnet 2nde sous forme d’un calendrier, pour vous permettre de vous y retrouver rapidement !

Vous trouverez ici tout ce qu’il faut savoir, tout ce qui se passe, classé mois par mois (si vous souhaitez le calendrier précis, c’est ici).

Affelnet (Affectation des élèves par le net), est une procédure informatisée d’affectation, déployée sur les académies depuis 2008.

Lire la suite

Affelnet : A Paris, l’affectation, c’est aujourd’hui, à la mi septembre, qu’elle se décide !

A Paris (et peut-être dans d’autres académies qui mettront en place cette année un bonus IPS), l’affectation en lycée se décide… en ce moment même.

Comment ? Rassurez-vous, le rectorat de Paris ne possède pas une A.I. capable de prévoir les notes des élèves.

Non, c’est vous qui êtes en train d’alimenter les données du Rectorat en retournant les fiches de renseignement que vous a confié votre établissement. Jusque là rien que de très normal.

Cependant, en effectuant ce geste banal et nécessaire, vous remplissez ou validez une donnée cruciale pour l’affectation : vos données « IPS » [voir Note 1]. Dans quel cadre ?

Lire la suite