Affelnet n’est pas un champ d’expérimentation sociale : les enfants parisiens sont humains.

Dans un article de Libération du 22 février 2021 [voir Note 1], Julien Grenet déclare, à propos des interrogations sur l’arrivée du privé dans Affelnet :  «On saura grâce à ça comment les lycées privés sont équitables dans leur recrutement. Est-ce qu’il n’y a que 3 % d’élèves défavorisés dans le privé parce qu’ils ne candidatent pas ou parce qu’ils ne sont pas pris ? Cela permettra d’avoir une réponse».

Venant du « théoricien » d’Affelnet Paris, cette phrase est juste glaçante.

Pour rappel, depuis 2016 il n’est pas une année sans que la règle du jeu Affelnet ne change d’un seul coup au mois de mars ou d’avril, que ce soit par la modification des points accordés, l’adjonction de bonus, l’ajout de « collèges frontière », la mise en place de quotas, la pondération des matières, modifications de la version « enseignement professionnel ». Et pourtant, pas une année :

  • sans augmentation des non affectés, qui passent leurs vacances d’été dans l’angoisse d’une rentrée souvent retardée faute de place ;
  • sans augmentation des élèves affectés au 8ème, 9ème voire 10ème vœu, si à ce niveau-là il est encore admissible de parler de « vœu » ;
  • sans augmentation du stress des parents, qui chaque année sont abasourdis par tant d’iniquité dans le traitement.

Monsieur Grenet, les élèves parisiens ne sont pas de la chair à expérimentation sociale. Si vous souhaitez la réponse à votre questions, nous vous conseillons de travailler et de mener vous-même une enquête tant auprès des directeurs d’écoles privées que des familles de leurs élèves. Nous défendons l’école publique et laïque, et il n’est donc pas pour nous tolérable de se dire que 15000 élèves du public vont voir leur avenir modifié dans le but d’obtenir un résultat sociologique (sur l’équité du recrutement des lycées privés…) dont de toutes façons les conclusions seront nulles, puisque les conditions expérimentales seront non reproductibles.

Le graal de la mixité sociale est certes un enjeu, mais sa recherche ne peut justifier tant d’errances algorithmiques quand elle atteignent l’avenir de centaines d’élèves.

Et quand ces errances ont une conséquence directe : la fuite vers le privé…


[Note 1] : in https://www.liberation.fr/societe/education/affelnet-le-parcoursup-des-collegiens-chamboule-a-paris-20210222_EB43YAIYIBGH5A64J7RWBOCTYM .

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